Rallumer les étoiles

23 mars 2020

# 295 Le peintre de batailles, Arturo Pérez-Reverte

" il faut que tu lises Le peintre de batailles".

C'est la seconde fois qu'il mentionne ce roman et parfois l'intensité de son regard est bien plus incisive que n'importe quel discours. 

Le calme imposé est parfait pour une lecture qui demande une certaine concentration intellectuelle. J'ai d'ailleurs eu du mal à entrer dans l'histoire car le style est très descriptif, et pour cause: le travail du photographe et la création du peintre sont au coeur du sujet.

Une fois cette difficulté dépassée, je me suis plongée dans le déroulé de la rencontre entre un ancien photographe de guerre reconverti à la peinture et un de ses sujets, un croate de Bosnie figurant sur un cliché devenu célèbre bouleversant par là même tragiquement sa vie.

Malgré quelques travers (l'auteur est à mon avis trop complaisant vis à vis du personnage féminin dont même les défauts deviennent sous sa plume des qualités, ce qui la décrédibilise fortement), la réflexion sur le pouvoir de la représentation est intéressante, portée par un récit très introspectif.

Maintenant je dois vous avouer qu'il y a aussi une dimension personnelle particulière qui m'a beaucoup perturbée dans cette lecture. Je me souviens* parfaitement de la guerre en ex-Yougoslavie entre 1992 et 1995.

Et si j'ai été autant troublée par ce livre, c'est que je garde en mémoire précisément cette mère bosniaque racontant à la télévision que des soldats serbes avaient arraché devant elle les yeux de son fils à la petite cuillère, avant de l'emmener puis de lui restituer plus tard ses ossements dans un sac. Je me souviens de mon incrédulité face à cette journaliste qui traduisait ce témoignage, de l'indécence et du pouvoir des images pour mobiliser l'opinion publique. Ca se passait à nos portes et ce souvenir qui m'a longtemps hanté est revenu en force en 2015 avec la photo de l'enfant sans vie photographié sur une plage turque. 

En vous écrivant ceci, je me souviens aussi du premier vrai voyage que j'ai fait, en 2006, j'ai choisi la Croatie qui se relevait de ce conflit sans être encore la destination touristique qu'elle est devenue. Sur la route qui nous conduisait de Zadar à Split, les impacts des combats étaient encore visibles ça et là. 

A quelle question cherchons-nous à répondre en voyageant et en lisant?

* Je me suis intéressée très jeune à la géopolitique comme en témoigne le texte daté du 18 janvier 1992 de l'unique volume de mon journal intime rescapé des multiples déménagements... :D)

20200323_165504

 

20200323_165531

 

 

Posté par Yaourtlivres à 20:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


17 mars 2020

# 294 Vie de Gérard Fulmard, Jean Echenoz

Jean Echenoz est de ces auteurs dont j'ai envie de tout lire sans en prendre le temps: dans ma liste figurent sa biographie de Ravel, 14 ou encore son roman précédent que je m'étais promis de lire, Envoyée Spéciale. Ma liseuse ayant succombé au virus de l'obsolescence programmée alors qu'elle entamait son 26ème mois (à moins qu'elle ne se meurt de la séparation d'avec son câble d'alimentation, j'en profite pour passer un message : si l'un d'entre vous trouve un fil noir marqué Kobo sur l'entrée USB, il nous manque terriblement), j'ai acheté l'édition papier de Vie de Gérard Fulmard dans la jolie librairie du Perreux sur Marne. Avec la fermeture des commerces et si votre ebook ne vous a pas lâché pile dans cette période, vous pouvez continuer à faire bénéficier les libraires indépendants en choisissant une plateforme de téléchargement les soutenant

Évidemment le patronyme du narrateur principal de l'histoire annonce la couleur: anti-héros, ironie et exagérations sont au rendez-vous pour créer des situations burlesques mais pas si irréalistes que cela. Si l'on sourit beaucoup à la lecture de ce roman c'est avant tout parce qu'on y reconnaît totalement les dérives de notre société politique et médiatique qui sert de terrain de jeu à Echenoz. Car enfin son récit est bien avant tout un jeu : le vocabulaire, la construction des dialogues dans la sphère du parti (dont l'utilisation des noms propres), les descriptions de Paris, ses interpellations au lecteur, les références historiques : en entremêlant le vrai et le faux, Echenoz s'amuse et nous épate par tant d'intelligence littéraire. 

20200317_194351

Posté par Yaourtlivres à 19:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

09 mars 2020

# 293 Miss Islande, Audur Ava Olafsdottir

Je cherchais un roman sur l'Islande pour l'anniversaire d'un ami et à la librairie du Perreux deux livres des Editions Zulma me tentent: Les rois d'Islande d'Einar Mar Gudmundsson finalement délaissé au profit de Miss Islande d'Audur Ava Olafsdottir. 

De cette autrice, j'ai déjà lu Rosa Candida qui m'a laissé un souvenir agréable. Mais c'est surtout le titre et le résumé qui m'ont décidée: dans les années 60, en Islande, une jolie jeune femme fait preuve d'une ténacité à toute épreuve face aux propositions qui ne manquent pas pour la détourner de sa vocation: écrire. Son physique avantageux la destine aux yeux de la société à des activités lui permettant d'exploiter cet atout (dont le fameux concours de Miss Islande), tandis qu'autour d'elle son meilleur ami voudrait pouvoir vivre son homosexualité en paix et que sa meilleure amie enlisée dans une vie de famille qu'elle n'a pas choisie essaie de sauver les apparences.

L'humour sarcastique et la profondeur des personnages convainquent et sur le ton de la légèreté Audur Ava Olafsdottir réussit à faire un joli roman sur la difficulté d'être soi, entre fuite et acceptation. Elle évite élégamment l'écueil du cliché en donnant à son récit, jusqu'à la chute, des nuances qui siéent bien à la thématique et nous permettent de nous identifier dans cette quête faite de compromis. 

20200223_182024

 

Posté par Yaourtlivres à 09:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 février 2020

# 291 Le chercheur d'or # 292 La Quarantaine, J.M.G Le Clézio

J'ai profité des vacances pour lire deux nouveaux livres de Le Clézio qui m'ont été prêtés en version Poche et écrits tout petit petit: c'est peut-être un détail pour vous mais avec mes yeux défaillants, les lire dans les transports ou fatiguée était mission impossible!

Ce sont des récits denses, construits de la même façon et qui transposent l'histoire familiale de Le Clezio: dans un contexte de patrimoine confisqué, le narrateur est à la recherche d'un "ailleurs" et il est guidé dans sa quête de sens par des figures féminines fortes et spirituelles, presque magiques (on pense à des fées philosophiques).

Dans Le chercheur d'or, la métaphore du mythe d'Orphée et Eurydice est filée jusqu'à la chute, rendant encore plus saisissant le parallèle avec ce que le propriétaire de ce livre m'a laissé entrevoir de lui, d'autant que c'est par ce roman qu'il a découvert celui qui est devenu son auteur fétiche.

Avec La Quarantaine, j'ai particulièrement aimé le fil invisible rimbaldien, heureux hasard inattendu avec ma relecture récente du poète et plus précisément la partie Correspondances qui fait vraiment écho aux apparitions de Rimbaud dans ce roman.

Au delà de la grande maîtrise narrative qui entremêle les dimensions historiques, psychologiques et fantastiques, je suis encore une fois séduite par la capacité de Le Clezio à rendre vivant un paysage ou une atmosphère: la nature devient un personnage à part entière. Cet éloge de la beauté du monde, étonnant de modernité et d'actualité, nous invite en permanence à la contemplation.

La complexité des passages descriptifs, loin de lasser, nous incite souvent à relire des paragraphes entiers pour en saisir la subtilité. Peut-être parce que j'avais le temps, j'ai retrouvé mes réflexes de petite fille, quand je m'attardais à analyser les champs sémantiques et les constructions  grammaticales dans mes lectures!

"Ensemble nous glissons sur la mer, vers l'autre bout du temps. Je n'ai jamais vécu d'autre nuit que cette nuit, elle dure plus que toute ma vie, et tout ce qui a été avant elle n'a été qu'un rêve."

 

20200218_142007

 

20200212_172830

 

🎧 http://www.deezer.com/track/847082062

Posté par Yaourtlivres à 19:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

23 février 2020

# 290 Cora dans la spirale, Vincent Message

J'avais envie de lire Cora dans la spirale dès sa sortie et lorsque l'on m'a demandé un conseil pour un livre à offrir à mon père, c'est à ce titre que j'ai immédiatement pensé. Par intérêt personnel évidemment. Ma mère l'a lu avant moi, elle a été bouleversée et ma sœur à qui je l'ai ensuite prêté l'a trouvé tout aussi hypnotisant de réalisme que moi (son chat aussi).

IMG-20200223-WA0006

Le fait de l'avoir lu "au bon moment" dans une tourmente professionnelle aussi absurde que violente altère peut-être mon jugement mais je pense qu'il y a un peu de Cora dans chacun d'entre nous, que l'on soit soi-même happé par les dérives du management moderne ou que la perte de sens nous conduise à une remise en question presque permanente.

Alors que les injonctions de bonheur en entreprise, d'équilibre entre vie privée et professionnelle (comme si on pouvait "séparer" nos différentes "vies") ou encore de collaboration moderne nous sont continuellement martelés, la déshumanisation des rapports est patente dans beaucoup d'entreprise.

La force de ce roman c'est de saisir avec une justesse inouïe ce climat malsain, sans verser dans le cliché du "tout va mal": on voit bien que subsistent des poches de ce qui faisait l'attrait de ces structures, les rapports humains authentiques comme l'amitié et l'attirance, mais aussi le désir de sincèrement réussir ensemble pour la plupart des employés.

L'autre atout réside dans son rythme narratif: même si le personnage du réfugié est un peu surfait, on reste accroché jusqu'à la chute parfaitement maitrisée.

Sûrement pas une lecture de "vacances", pour ma part je l'ai lu avant et la perspective de la reprise m'incite à vous le recommander.

 

 

 

Posté par Yaourtlivres à 18:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


01 février 2020

# 289 Oeuvres complètes, La Pléiade, Rimbaud

20200201_175212

Depuis que l'idée d'étoffer la catégorie Poésie a germé en début d'année, j'ai mis le volume des œuvres complètes de Rimbaud sur la pile livresque très éclectique de ma table de chevet. Dans cette période professionnelle trouble, écouter des airs d'Opéra et lire des bribes de ce volumineux ouvrage sont des remèdes efficaces contre le spleen avant la vraie évasion dans quelques jours.

Détenir quelques livres de cette prestigieuse édition c'est un peu "chic-chic" comme dirait Emma - j'adore la façon dont elle s'approprie ce terme suranné auquel elle confère en le doublant une distanciation et une espièglerie qui m'épatent souvent dans son écriture. Par exemple quand elle écrit:

Paris, Paris, Paris

J'aimerais te montrer Paris sous la pluie,

Et aussi je te le dis en rigolant mais Paris

Sous la pluie c'est émouvant

Bref, la collection de La Pléiade regroupe tous les textes d'Arthur Rimbaud et concernant cet auteur c'est particulièrement intéressant puisqu'on sait qu'il cessa de produire des poèmes à vingt ans. La partie Correspondances constitue les deux tiers du volume. Elle débute en 1870 avec la lettre qui accompagna l'envoi de ses premiers poèmes et se poursuit après sa mort jusqu'en 1929 notamment avec les lettres de sa mère et sa soeur, donnant un regard sur les relais qui ont accompagné le passage à la postérité du jeune homme.

De Rimbaud chacun d'entre nous peut citer quelques vers. Dans mon souvenir, les poèmes que j'ai étudiés en cours de français me paraissaient toujours traversés de cette lumineuse malice que son jeune âge probablement encourageait. Ma préférence va à un de ses premiers poèmes qui contredit par sa mélancolie ce que je viens d'écrire, il s'agit d'Ophélie, qu'il faut lire à voix haute (ou au moins murmurée) pour en saisir la délicate musicalité:

20200201_173542

Viennent ensuite L'éternité et Aube, je me limite au podium sinon cet article finirait en une litanie de titres tellement Rimbaud mérite d'être relu à tout âge. Ses écrits d'Afrique aussi m'ont touchée, peut-être parce que cette fuite me rappelle les ailleurs de Le Clézio que je continue à découvrir.

20200201_174057

 

20200201_174207

 (Si tu n'es pas trop timide tu peux me dire en commentaire le poème de Rimbaud que tu préfères ou qui t'a le plus marqué!)

 

Posté par Yaourtlivres à 17:56 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 janvier 2020

# 288 Ritournelle de la faim, J.M.G. Le Clézio

Les années folles s'éteignent, on fait encore illusion dans le cercle d'Alexandre Brun. La jeune héroïne Ethel qui assiste aux réceptions de son père perçoit confusément les changements autour d'elle: la fin de la grandeur familiale, sa spoliation d'héritage et le basculement politique. A l'âge où les amitiés ont l'intensité des coups de foudre (tous les passages qui décrivent sa relation à son amie Xenia sont d'une justesse inouïe), Le Clézio nous parle avant tout de cette jeune femme attachante à travers laquelle on retrouve sa mère. La Seconde Guerre mondiale signe son entrée brutale dans le monde des adultes.

La fluidité du récit porté par le personnage d'Ethel nous happe dès le début sans être alourdie par la complexité narrative pourtant brillante. A travers le destin d'Ethel, l'auteur nous questionne sur les thèmes qui font sa signature: la faim de vivre, la frustration et l'insatisfaction face à la douce quiétude, le désir de tempête et d'ailleurs, le renoncement aussi... 

La grande subtilité de Le Clézio qui ouvre et ferme ce roman avec des éléments personnels donne à cette lecture, une fois terminée, une portée bien plus profonde qu'il n'y parait. C'est en tous cas ce que j'ai voulu y voir, probablement motivée par une raison qui n'est pas que littéraire et qui a donné au court paragraphe sur le Boléro de Ravel un aspect intime. Cette musique est d'ailleurs un exemple parfait de l'adresse de Le Clézio en fil conducteur entre l'autobiographie et le roman.

Cette coïncidence m'a touchée car du Boléro de Ravel, je ne connaissais presque rien jusqu'à cet été où je suis tombée par hasard à Moscou sur la jolie place Maya Plissetskaïa, une danseuse dont j'ai alors découvert le répertoire. A la fois lascive et violente, son interprétation du Boléro est particulièrement émouvante.

20200103_110710[1]

Vous l'avez compris, je poursuis ma découverte de l'oeuvre de Le Clézio et je vous signale ce podcast que j'aime beaucoup:

https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-oeuvres/j-m-g-le-clezio-14-vie-secrete

"il a fait de ces ailleurs son chez-soi"...

 

 

Posté par Yaourtlivres à 18:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

08 janvier 2020

# 287 Cent millions d'années et un jour, Jean-Baptiste Andrea

C'est A. qui m'a signalé cet automne la sortie du deuxième roman de Jean-Baptiste Andrea (je lui avais fait découvrir Ma Reine il y a deux ans), alors quand je l'ai vu sur le présentoir des nouveautés de ma médiathèque, je n'ai pas hésité, même s'il avait été assez modéré dans sa recommandation. 

20200104_154936

L'idée de départ est séduisante : le narrateur, paléontologue, décide à cinquante deux ans de poursuivre une chimère. Sur la base de quelques minces indices il monte une expédition pour mettre à jour ce qu'il pense être la trouvaille du siècle. Mais rapidement l'histoire s'embrouille entre les analepses sur son enfance et les personnages secondaires trop caricaturaux. Ce roman n'a pas la finesse psychologique de Ma Reine et manque de légèreté. C'est dommage car l'écriture de Jean-Baptiste Andrea est prometteuse.

Néanmoins, le lire en étant en vacances dans les Alpes a eu une saveur particulière et un effet inattendu, pour moi qui aime tant cette semaine de sport d'hiver. Les cicatrices des remontées mécaniques sur le paysage, cette recherche de sensation très normée et l'absence totale de mixité sociale sur les pistes: il est bon parfois de se remettre en cause. J'aimerais être assez sportive pour pratiquer le ski (snowboard?) de randonnée, moins artificiel, à l'image de François d'Haene que je vous invite à suivre sur instagram ou strava ainsi que Max Romey "travel painter" dont les aquarelles sont d'une poésie absolument dingue. 

IMG-20200102-WA0012

 

Posté par Yaourtlivres à 10:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

05 janvier 2020

# 286 Capitale de la douleur, Paul Eluard

On commence cette nouvelle année (qui sera la dixième de ce blog, je n'en reviens pas de mon assiduité!) en poésie. J'aimerais promettre en guise de bonne résolution de chroniquer chaque mois un poète mais je sais très bien qu'il suffit que je formule une contrainte pour ne pas m'y tenir.

Je lisais beaucoup de poésie adolescente, j'ai perdu cette habitude, je le regrette car j'aime l'exigence intellectuelle et émotionnelle que réclame le fait de se plonger dans ce style d'écriture particulier. 

J'ai acheté ce recueil parce qu'il me restait quelques euros sur des chèques culture qui allaient atteindre leur date de péremption  (ça commence fort côté romantisme). Allez savoir pourquoi c'est le nom de Paul Eluard qui m'est venue spontanément et dans le rayon, Capitale de la douleur s'est imposé comme une évidence tellement ce titre me foudroie de sa beauté, comme lorsque je l'ai découvert il y a 25 ans. 

En peinture comme en poésie, j'aime les surréalistes. Ils ont ce regard libre et sincère, cette matérialisation du rêve, cette expression spontanée qui semble venir de l'intérieur et qui en tous cas rayonne et me console. Ce mouvement percuté dès son émergence par la première guerre mondiale a réussi à se développer dans la période si dangereuse de l'entre-deux-guerre. Ne serait-ce que pour cet emblème de trait d'union entre deux mondes, les surréalistes démontrent mieux que quiconque la place indispensable de l'Art dans l'Histoire.

Paul Eluard, c'est la célébration de l'amour, lui qui ne voulait pas s'enfermer dans la monogamie mais qui fût profondément malheureux d'avoir à partager Gala, c'est un courage politique qui force le respect, c'est une écriture saisissante. 

20200105_200047[1]

20200105_200116[1]

20200105_200141[1]

20200105_200203[1]

20200105_200231[1]

20200105_200240[1]

20200105_200313[1]

Posté par Yaourtlivres à 20:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

27 décembre 2019

# 285 Le dernier hiver du Cid, Jérôme Garcin

"J'ai entendu parler d'un livre sur Gérard Philippe, tu savais qu'il était mort si jeune"? Déjà c'est un miracle que je connaisse l'acteur... L'enthousiasme de Quentin a éveillé ma curiosité, j'ai fait ma petite enquête et j'ai téléchargé Le dernier hiver du Cid écrit par Jérôme Garcin (le maître de cérémonie du Masque et La Plume et dont les chroniques au Nouvel Obs ont souvent fait l'objet de discussions avec mon père). Le lendemain Quentin m'apportait la version papier de ce même livre (ces petits détails qui me rappellent ce qu'est une grande amitié).

20191227_191738

Une semaine plus tard je lui livrais mon avis sans trop de concession: j'ai beaucoup aimé les premiers chapitres, Ramatuelle, l'annonce du diagnostic, mais ensuite, la litanie de sa filmographie est rapidement lassante. Il n'y a jamais de parti pris ou de mise en perspective, Jérôme Garcin se contente de lister ce qu'a fait Gérard Philippe et ce qu'il aurait dû faire s'il n'était pas mort aussi jeune. Aucun intérêt.

En outre cette façon de ne pas se positionner par rapport à la décision d'Anne est insupportable, alors qu'il y avait là un vrai sujet de roman. Entre dire et se taire, ma position est pourtant spontanément de me dire qu'elle lui a volé les deux dernières semaines de sa vie. 

Les critiques sont plutôt positives sur ce roman et si Quentin me rejoint sur le manque d'intérêt de l'énumération des films et pièces de théâtre qui firent sa carrière, lui qui a vu tous les films de Gérard Philippe nuance mes propos et trouve l'éclairage intime de sa vie de famille intéressante: il me manque probablement sa culture cinématographique pour apprécier cette biographie particulière.

20191227_191424

* Arrangement, cadrage tésuronvoipamoné? et photos by M.

 

 

Posté par Yaourtlivres à 22:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,