Rallumer les étoiles

23 mars 2017

# 178 Sous le compost, Nicolas Maleski

Encore une bonne idée de Lire magazine qui m'a souvent fait découvrir des premiers romans.

sous le compost

Franck est homme au foyer. Ne comptez pas sur lui pour se plaindre de sa condition : entre les tâches ménagères, l’éducation de ses trois filles et ses plantations, Franck semble être un homme heureux. Tranquille et solitaire mais heureux. Lorsqu’une lettre anonyme lui révèle l’infidélité de sa femme, il décide de préserver cette routine et de ne rien changer aux apparences.

Des apparences justement, il en est beaucoup question dans ce livre : Nicolas Maleski lève progressivement le voile sur les aspects cachés du petit village. L'intrigue bien menée est soutenue par une narration cynique, humoristique et originale: régulièrement Franck nous raconte sa passion du jardinage, offrant là un temps de pause. Ce n'est pas non plus sans rappeler l'adage "cultiver son jardin"... 

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20 mars 2017

# 177 Article 353 du Code pénal, Tanguy Viel

On a beaucoup parlé d'Article 353 du Code pénal lors de la rentrée littéraire de janvier: en général les critiques étaient plutôt favorables, à l'exception d'une voix au Masque et la Plume. Toujours est-il que c'est l'extrait publié dans Lire Magazine et le fait que ce soit un roman court (il y a des périodes comme ça où je n'ai pas envie de me lancer dans un pavé de 500 pages) qui m'ont décidée.

article353

Je ne vais pas faire dans l'originalité, je l'ai lu d'une traite. Martial Kermeur, à qui rien ne semble réussir dans la vie, se retrouve devant le juge pour un meurtre qu'il reconnaît avoir commis. Sous la forme d'un quasi-monologue, il s'agit pourtant bien d'un roman à suspense, dont on devine très vite que la clé se trouve dans le titre du roman (tan pis pour vous si vous n'avez pas eu cette clairvoyance mais pour moi c'était assez évident, et je me suis battue très fort pour ne pas rechercher ce fameux article).

Quoiqu'il en soit l'auteur réussit le pari de ne jamais nous faire oublier qu'il s'agissait d'une déclaration tout en faisant vivre sous nos yeux la petite communauté d'une ville de pécheurs du Finistère, prise dans les mailles du filet (ah ah ah) d'un promoteur immobilier. En balayant tous les registres du polar au roman social en passant par le drame et même la poésie, soutenu par une narration parfaitement maîtrisée, ce roman est en réalité bien plus dense que son nombre de pages ne le laisse paraître.

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07 mars 2017

# 176 Les cosmonautes ne font que passer, Elitza Gueorguieva

Un article élogieux sur le site de l'Express m'a fait découvrir cette pépite effectivement passée inaperçue dans la rentrée littéraire de septembre.

les cosmonautes ne font que passer

Dans le crépuscule de l'ère communiste, une petite fille rêve de devenir cosmonaute, une vocation née de l'admiration de son grand-père et de tout un Bloc pour Youri Gargarine. La transition de la Bulgarie vers un nouveau régime politique accompagne son passage à l'adolescence, elle-même allégorie de ce changement historique. Rêves, désillusions, bouleversements des repères : le ton léger et naïf souligne l'obscurantisme culturel, le tutoiement (perturbant au départ) crée une intimité avec la narratrice dont la jeunesse permet une certaine fantaisie. C’est à la fois drôle, bienveillant et éclairant. Le brin de folie de ce premier roman très réussi m’a rappelé les écrits de Milena Agus.

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16 février 2017

# 175 Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson

"Tout ce qui bouleverse la vie advient fortuitement. Le destin ressemble à ces seaux d'eau posés en équilibre sur la tranche des portes. On entre dans la pièce, on est trempé. Ainsi va l'existence. J'ai été initié à la vérité du "pofigisme" le soir où je m'y attendais le moins. Pofigisme n'a pas de traduction en français. Ce mot russe désigne une attitude face à l'absurdité du monde et à l'imprévisibilité des événements."

Troublant extrait recopié en janvier 2014 après avoir lu S’abandonner à vivre de Sylvain Tesson. Quelques mois plus tard, l’auteur dégringole d’un toit et frôle la mort. Préférant la marche aux séances classiques de rééducation, Sylvain Tesson entreprend de traverser la France à pied. De cette diagonale est né le livre Sur les chemins noirs

sur les chemins noirs

Le projet devient alors clair, le chemin de la reconstruction au propre comme au figuré : c’est un voyage d’introspection intérieur allié à une contemplation nostalgique d'un itinéraire. Le mélange des genres, entre souffrance physique, considérations politiques, sociales et environnementales engendrent au départ beaucoup de confusion. Et puis on se laisse prendre dans la progression du récit, comme si la narration et le corps de l’auteur retrouvaient ensemble de la puissance.

Je regrette le manque de profondeur de certaines analyses frôlant parfois le cliché du citadin nostalgique d’un fantasme : Sylvain Tesson ne se met jamais à la place de celui qui subit l’isolement forcé des coins reculés. Si ce récit est clairement moins bon que Dans les forêts de Sibérie ou que ses recueils de nouvelles – un genre dans lequel il excelle, j’ai pourtant trouvé dans le dernier tiers de Sur les chemins Noirs une densité et une leçon de vie: empêché de se fuir dans l'alcool et les voyages lointains, Sylvain Tesson nous donne ici une douloureuse leçon de réappropriation de soi.

J'en profite pour vous indiquer un autre livre offert par ma soeurette:  Sibérie ma chérie. Un carnet de voyage étonnant, combinant les photos de Thomas Goisque (qui fait d'ailleurs une apparition dans Les chemins noirs), les illustrations de Bertrand de Miollis et les écrits de Sylvain Tesson. Un bel objet dont la poésie touchera ceux que la Russie fascine.

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01 janvier 2017

# 173 Le Sagouin, # 174 Le mystère Frontenac, #175 Le Désert de l'amour

Trois Mauriac pour commencer l'année!

Grace à Marie qui m'a dit lire -et adorer- Le Désert de l'amour, j'ai emprunté trois livres de cet auteur. Ils ont l'avantage d'être courts et me font une sorte de récréation entre deux gros romans, ou après une lecture décevante.

le désert de l amour    le mystère Frontenac    Le_Sagouin

Ma préférence va au Sagouin, puis au Désert de l'amour et enfin au mystère Frontenac, plus descriptif que les deux autres. En fil directeur de ces romans, les liens familiaux et la place de la mère (Le Sagouin, Le mystère Frontenac) et du père et des relations amoureuses (le Désert de l'amour). Dans les trois récits on retrouve l'écriture poétique, romanesque et un peu surannée qui font de Mauriac un de mes cinq écrivains préférés, mais également  et presque paradoxalement un sens narratif proche du thriller tant il arrive à transformer les tensions familiales en intensité dramatique. L'inéluctable étroitesse des familles provinciales de Mauriac lui sert de décor à la révolte de ses protagonistes et chacun de ces romans pose la question du carcan familial, comme un exercice de psychanalyse en double lecture.

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18 décembre 2016

Best of Emma 11

Il me semble que je commence toujours les chroniques jeunesse par la même phrase : « ça fait longtemps que.. »

C’est donc parti pour quelques idées qui s’inviteront peut être au pied du sapin le 25 décembre?

Les livres pop-up :

Je sais bien que c’est la mode et aussi le moyen de nous vendre des livres un peu plus chers que la moyenne, mais force est de constater que ça fonctionne bien auprès des enfants et j’en ai trois à vous conseiller:

-          Le Petit Prince: le grand livre pop-up: merci à Salomé et Margaux qui l’ont prêté à Emma. Il s’agit du texte original avec la mise en relief de presque tous les dessins, tout en respectant la légèreté et la poésie de chacun. Un défi pas si simple et réussi !

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-          Pop-up des merveilles : celui -là il est en cours d’acheminement vers une petite fille. Sa maman viendra peut-être nous dire ici ce qu’elle en pense, moi je suis tombée sous le charme de cet ouvrage qui répertorie 7 merveilles du monde. Le texte complète très bien les découpes et est une vraie invitation au voyage.

-          Celui offert par Stéphanie:La belle lisse poire du prince de Motordu. Un livre pop-up très bien fait, assez solide, et surtout des jeux de mots qui amusent le lecteur enfant... ou adulte!

 

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L’Egypte:

J’aimerais vous dire que l’intérêt d’Emma pour cette civilisation vient d’une visite au Louvre ou d’un livre intelligent, mais je crois bien qu’il faut se résoudre à l’évidence : c’est par Astérix et Cléopâtre (dessin animé ET film !) qu’elle s’est découverte une passion pour l’Egypte. La médiathèque de Viry m’a commandé (oui ! oui ! comme ils n’avaient rien sur ce sujet pour la catégorie d’âge d’Emma la bibliothécaire a fait des recherches et a pris l’initiative de de commander deux livres):

Anhour, petit scribe de Benoît Broyart qui permet d'appréhender le métier et les outils utilisés par le scribe égyptien et Les Enfants du Nil - Il faut sauver Cléopâtre! d'Alain Surget et Fabrice Parme: un aspect enquête autour des principaux thèmes de l'Egypte ancienne. J'y trouve peu d'intérêt historique à proprement parler mais Emma adore.

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Si vous avez des choses intelligentes sur le sujet, je prends les conseils de lecture !

La mythologie :

J’avoue, c’est surtout moi qui suis intéressée par ce thème et Emma y vient peu à peu grâce à deux découvertes:

- Les héros - Mythologie - Hélène, Thésée, Ulysse, Hercule, éditions Quelle Histoire. Acheté par David pour sa classe de CM2, il rappelle les voyages initiaques d'Ulysse, Hercule, Thésée etc... Le livre parfait pour comprendre les principaux héros de la mythologie grecque, la construction du récit en étapes et le rappel cartographique à la fin de chaque chapitre du parcours des héros sont super lisibles. Je découvre cette collection qui se décline en plusieurs livres sur les héros (de Vergingétorix à Jacques Prévert en passant par Magellan!) et Emma me réclame bien sûr Les Egyptiens et Cléopatre.

 

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- La collection Ma première mythologie, Editions Hatier Poche: Thése et le fil d'Ariane, Ulysse le retour. Conseillée par la bibliothécaire, elle met l'accent sur des évènements clé de la mythologie grecque. Là encore cela reste conforme aux récits originaux, un peu édulcoré parfois contrairement au livre précédemment cité (par exemple dans Thésee et le fil d'Ariane la mort d'Egée est passée sous silence). Un ami m'a confirmé que sa fille de sept ans était également fan. 

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Romans:

Ca fait plusieurs mois que je veux vous parler de l’œil du loup, quel que soit votre âge, ce roman jeunesse de Pennac est formidable: l'histoire d'un loup capturé et enfermé dans un zoo...

La collection 20, allée de la danse : une série sur un groupe de  six élèves (filles et garçons) de l'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris. Instructif et réaliste le récit traite de la danse bien sûr mais aussi des tracas et du quotidien de bien des enfants, de façon intelligente et bienveillante. En partenariat avec l'Opéra de Paris.

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Les cadeaux originaux:

Enfin ce post est aussi l'occasion de vous faire partager l'ambition d'une start-up qui a besoin de vous pour voir le jour!  storyenjoy.com propose d'allier lecture et numérique et de e filmer en racontant une histoire. Cela permet de maintenir le rituel de la lecture d'histoire même à distance! Malin par exemple pour les grand-parents éloignés ou les parents séparés!

 

 

06 décembre 2016

# 171 Et je danse, aussi, # 172 Mes amis devenus, Jean-Claude Mourlevat

Je ne connaissais pas cet auteur et je l'ai découvert dans un colis arrivé pour mon anniversaire. C'était déjà un petit évènement en soi: il faut savoir qu'avec Stéphanie on ne s'offre JAMAIS nos cadeaux d'anniversaire à l'heure. Ce qui a l'avantage d'être souvent un coup de coeur du moment, même si c'est avec trois mois de retard. 

Bref, j'attaque donc Et je danse aussi écrit en collaboration avec Anne-Laure Bondoux. L'idée de départ est sympa - une correspondance inattendue entre un auteur et une lectrice - et l'écriture fluide, cependant je trouve l'intrigue improbable. En réalité ce qui nuit à la crédibilité c'est la co-écriture: les auteurs valorisent au travers du récit et de manière exagérée la qualité d'écriture de l'autre. De fait j'ai eu du mal à entrer totalement dans la correspondance et à passer outre leur exercice de style, trop visibles dans ces compliments.

Et je danse_aussi

Résultat? A cause de cette lecture en demi-teinte j'ai remis à plus tard le second roman Mes amis devenus. Il était bien visible sur ma table de nuit et attendait que son heure arrive. Vendredi soir, fin de semaine, moins mille degrés dehors, l'anniversaire de Stéphanie le lendemain (et si vous voulez savoir j'ai moi aussi été à l'heure pour son cadeau, applaudissements!) : parfait timing.

Mes_Amis_Devenus

Quelques instants avant des retrouvailles entre amis de jeunesse le narrateur se souvient de son enfance et de son adolescence dans le Puy de Dôme. Ces deux premiers tiers du roman sont absolument dans l'esprit "feel-good book", c'est drôle et bien vu. On reconnaît des parties autobiographiques et je me projette d'autant plus dans cette histoire que l'auteur décrit une époque et une région dans laquelle ma mère a grandit. Je l'imagine tout à fait dans ce groupe d'amis, en internat où elle a rencontré ensuite mon père... La dernière partie sur les retrouvailles est un peu moins bien, un peu trop comédie sentimentale à mon goût mais le récit reste rythmé. J'ai plié le bouquin en 24 heures. Et je sais à qui je vais le prêter en premier.

Enfin, une dernière remarque: ce sont deux livres tout à fait accessibles aux adolescents, Jean-Claude Mourlevat est d'ailleurs reconnu pour ses écrits en littérature jeunesse. 

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27 novembre 2016

# 170 Petit Pays, Gaël Faye

De Gaël Faye je ne connaissais ni ses chansons ni son histoire. J'ai découvert son nom avec l'effervescence de la rentrée littéraire et c'est Le masque et la plume qui m'a donné envie de le lire (quatre liens en deux phrases, moi je dis Bravo!).

Petit-Pays_Gael-Faye

Le thème de son premier roman qui puise son inspiration dans sa propre histoire n'est pas aisé puisqu'il s'agit du génocide rwandais. Pourtant il se lit très facilement, le ton léger du narrateur, un enfant d'une dizaine d'année, donne un air naïf au récit alors qu'en contraste la montée progressive de la violence envahit peu à peu son univers. La maîtrise de l'intensité dramatique est particulièrement remarquable, on a réellement la sensation que la guerre percute l'insouciance de l'enfance. A l'heure d'une période pré-électorale les débats politiques n'hésiteront pas à balancer statistiques et pourcentages sur les conséquences de notre ouverture sur le monde, ce roman nous rappelle que ceux qui demandent à être accueillis sur "notre" territoire ne sont pas des chiffres mais des victimes: des hommes, des femmes et des enfants qui fuient des conflits dont l'horreur dépasse l'entendement.

Ne serait-ce que pour cela ce roman n'a pas usurpé sa couverture médiatique.

PS:Pour expliquer la notion de réfugiés aux enfants, le dernier J'aime lire "Les trois étoiles" (N°479, décembre 2016) raconte le voyage d'une famille syrienne fuyant la guerre. Vous avez aussi Eux c'est Nous de Daniel Pennac.

 

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16 novembre 2016

# 169 Le dernier verre, Olivier Ameisen

le dernier verre

De ce livre je ne vous dirai pas grand-chose car les raisons qui m'ont amenée à le lire sont trop personnelles pour que je les dévoile ici. Pour la première fois, j'ai hésité à partager avec vous une lecture mais s'il aide un seul d'entre vous, alors cela justifiera mon impudeur. Nul besoin d’être alcoolique pour cela.

Si vous êtes sujets à des comportements de type compulsifs, que cela concerne l’alcool, la cigarette, la nourriture, le sport, les achats, que sais-je encore ;  et/ou si vous ressentez en vous quelque chose de l’ordre de l’angoisse ou de l’anxiété ; et/ou si vous êtes atteint du « syndrome de l’imposteur », si vous ne vous sentez pas toujours (souvent ?) à votre place, alors lisez-le. Ce livre ne vous donnera pas de réponse mais certainement des clés de compréhension ou simplement un accostage de quelques heures dans un port où vous ne sentirez plus seuls.  

Et puis, si vous n’avez rien de tout cela, eh bien lisez-le quand même! J'aurais aimé caser le mot "sérendipité" que j'aime tant, mais le hasard pèse si peu face à la lucidité et la ténacité d'Olivier Ameisen... Cette autobiographie a connu un retentissement exceptionnel: la réalisation de l'étude Bacloville permet en 2014 d'émettre une recommandation temporaire d'utilisation du Baclofène dans la lutte contre l'alcoolisme, en attendant l'autorisation de mise sur le marché qui devrait intervenir dans les semaines à venir. Malheureusement Olivier Ameisen, décédé d'une crise cardiaque il y a trois ans ne verra pas la consécration de ses travaux.

Ce livre est enfin un appel à la tolérance et à la bienveillance et signe la victoire de l’écoute (de soi et des autres) sur le silence. 

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14 novembre 2016

# 167 Un pedigree, # 168 Rue des boutiques obscures, Patrick Modiano

Au détour d’une conversation, j’ai réalisé que je n'avais jamais lu Patrick Modiano! J'en ai été la première étonnée, en dépit d'études plutôt littéraires je suis effectivement passée à côté du célèbre auteur, lauréat de nombreux prix, dont le Goncourt, le Nobel de littérature en 2014… J’ai donc pris le sujet très au sérieux et aiguillée par un article du monde tout à fait approprié ("Pour ceux qui ne se sont encore jamais plongés dans son écriture ») j’ai choisi de commencer par l’autobiographie de l’auteur avant de m'attaquer au roman primé par l'Académie Goncourt.

pedigree

Récit autobiographique de son enfance, le parti pris narratif est terriblement intelligent. C'est un répertoire de lieux, de personnes rencontrées, d'évènements racontés sur un ton monotone et s'apparentant à un inventaire à la Prévert. Et cela fonctionne: la juxtaposition d'éléments confus accentue le monde sans repère dans lequel a grandi Patrick Modiano. Le format très court de ce livre évite l'écueil de la lassitude et les dernières pages sur l'émancipation, l'entrée à la fois dans le monde adulte et dans sa vie d'auteur se terminent sur une note d'espoir.

Rue_des_boutiques_obscures 

Le point de départ était intéressant, surtout après avoir lu Un pedigree: un amnésique se met à la recherche de son passé. Je ne vais pas trop m'étendre sur ce roman que j'ai trouvé long. On y retrouve le style énumératif et le ton sec mais la durée et le genre du récit - c'est quand même une enquête- s'y prêtent beaucoup moins. J'ai la sensation de ne pas avoir compris ce livre, peut être faut-il être plus exercé au style de Modiano pour apprécier? Je me contenterai donc de dire que je n'ai pas pris de plaisir à cette lecture, ce qui est après tout le seul objectif de ce blog.

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