Rallumer les étoiles

25 avril 2017

# 181 Amerigo, Récit d’une erreur historique, Stefan Zweig

Après les trois volumes d'Elena Ferrante, j'avais envie d'un livre court. Or Emma a abordé en classe le thème des explorateurs (Christophe Colomb, Amerigo Vespucci), et je lui ai raconté le tour du monde de Magellan, toute fiérote de la lecture récente de sa biographie. De Stefan Zweig, on m'avait alors conseillé Amerigo.

amerigo

Plus proche de l'essai que de la biographie, Amerigo m'a renvoyée à l'excellent ouvrage de Roger Chartier La main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur. En resituant l'histoire dans son contexte et son époque, de la façon dont s'échangeaient les récits de voyages exploratoires aux erreurs de traduction, Zweig nous explique le malentendu. Mais il ne néglige pas non plus une composante essentielle : Amerigo Vespucci donna à son court récit le titre de Nouveau Monde, quand Christophe Colomb s'entêtait lui à n'y voir que l'Inde ... Ni découvreur, ni usurpateur, mais simplement clairvoyant et visionnaire! On retrouve là aussi la bienveillance de Zweig pour ses personnages. 

L'histoire de ce livre est aussi signifiante: Stefan Zweig l'écrit lors de son court exil sur le continent américain alors que l'Europe est en plein chaos.

J'en profite pour vous signaler actuellement en kiosque un hors-série du Monde consacré à cet auteur. Il offre notamment un éclairage intéressant  sur l'écrivain romantique qu'il fût (au sens littéraire du terme). 

zweig hors série

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23 avril 2017

# 180 L'Amie prodigieuse, T1- T2- T3, Elena Ferrante

J'avais offert L'Amie prodigieuse à Marie dès sa sortie en France suite à un article du Monde, elle a lu dans la foulée les trois autres tomes en italien. Il m'a fallu plusieurs mois pour me lancer dans la saga, mais une fois partie, j'ai enchaîné L'Amie prodigieuse, Le nouveau nom et Celle qui fuit et celle qui reste

l'amie prodigieuse

A la fois chroniques de l'Italie de la seconde partie du XXème siècle et roman générationnel, l'histoire d'amitié entre Lila et Lenu mêle avec finesse les destins personnels aux mutations politiques et sociales. Cette lecture m'a d'ailleurs parfois fait penser au Bonheur National Brut de François Roux. Que le récit se situe à Naples a certainement accru mon intérêt, mais même sans cet attrait pour l'Italie du sud  la force narrative de l'écriture d'Elena Ferrante vous emportera aussi. J'ai ressenti un petit essoufflement au cours du troisième tome, certainement dû au fait que je n'ai pas fait de pause entre les volumes. Néanmoins le charme italien de cette saga a vite repris le dessus et j'attends avec impatience la traduction du dernier volume.

 

 

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21 avril 2017

# 179 Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson

J'ai découvert Philippe Besson il y a des années avec un roman qui m'avait beaucoup touchée: Se résoudre aux adieux. Derrière la banalité du thème de la rupture amoureuse, le récit de Besson m’avait frappée par sa finesse. Une femme quittée part en voyage et écrit des lettres à son ancien amant, tout en affirmant ne pas attendre de réponse - l’envoi du courrier remettant forcément en cause au moins aux yeux du lecteur cette absence d’espoir. Philippe Besson met dans ces lettres mortes tout le désespoir de savoir que c'est fini avec l’impossibilité de l’admettre de manière absolue et définitive. Je me souviens d’une thérapie par l’écrit et d’un travail de deuil dans lequel chacun pouvait se reconnaître. J'avais trouvé le titre magnifique et précisément juste: l’emploi du verbe « se résoudre » et non pas « se résigner », subtile différence. Je n'ose pas relire ce livre de peur de le trouver moins beau que dans mon souvenir.

J’ai ensuite lu La trahison de Thomas Spencer, un roman sur une amitié exclusive entre deux jeunes hommes perturbée par l'arrivée d'une femme dans leur vie.

arrêtes avec tes mensonges

Dans Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson nous offre la clé de lecture de ses romans puisqu’il s’agit de son autobiographie. En racontant sa première histoire d’amour, il nous dit aussi la difficulté d’être un adolescent différent dans la France profonde des années 70. Et puis il y a la force narratrice et sémantique de son écriture quand il nous parle d'amour:

Car, tout de même, il y a l’intimité foudroyante entre nous, parfois, l’insurpassable proximité, mais l’ignorance le reste du temps, l’absolue séparation : une telle schizophrénie, avouez que ça peut venir à bout de la raison des plus équilibrés. Et je n’étais pas le plus équilibré.

Il y a cette folie de ne pas pouvoir se montrer ensemble.  Folie aggravée en l’occurrence par la situation – inédite- de se trouver au milieu d’une assemblée en devant se comporter comme des étrangers. Folie de ne pas pouvoir afficher son bonheur. Un pauvre mot, n'est-ce pas ? Les autres, ils disposent de ce droit, ils l’exercent, ne s’en privent pas. Ca les rend plus heureux encore, ça les gonfle de fierté. Nous, on est rabougris, comprimés, dans notre censure.

Il y a cette brûlure de ne rien être autorisé à dire, de devoir tout taire, et cette question terrible, cet abîme sous les pieds : si on n’en parle pas, comment prouver que ça existe? Un jour, quand l'histoire sera terminée, puisqu'elle se terminera, nul ne pourra témoigner qu'elle a eu lieu. L'un des protagonistes (lui) pourra aller jusqu'à la nier, s'il le souhaite, jusqu'à s'insurger qu'on puisse inventer pareilles sornettes. L'autre (moi) n'aura que sa parole, elle ne pèserait pas lourd. Cette parole n'adviendra jamais. Non, je n'ai jamais parlé. Sauf aujourd'hui. Dans ce livre.

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23 mars 2017

# 178 Sous le compost, Nicolas Maleski

Encore une bonne idée de Lire magazine qui m'a souvent fait découvrir des premiers romans.

sous le compost

Franck est homme au foyer. Ne comptez pas sur lui pour se plaindre de sa condition : entre les tâches ménagères, l’éducation de ses trois filles et ses plantations, Franck semble être un homme heureux. Tranquille et solitaire mais heureux. Lorsqu’une lettre anonyme lui révèle l’infidélité de sa femme, il décide de préserver cette routine et de ne rien changer aux apparences.

Des apparences justement, il en est beaucoup question dans ce livre : Nicolas Maleski lève progressivement le voile sur les aspects cachés du petit village. L'intrigue bien menée est soutenue par une narration cynique, humoristique et originale: régulièrement Franck nous raconte sa passion du jardinage, offrant là un temps de pause. Ce n'est pas non plus sans rappeler l'adage "cultiver son jardin"... 

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20 mars 2017

# 177 Article 353 du Code pénal, Tanguy Viel

On a beaucoup parlé d'Article 353 du Code pénal lors de la rentrée littéraire de janvier: en général les critiques étaient plutôt favorables, à l'exception d'une voix au Masque et la Plume. Toujours est-il que c'est l'extrait publié dans Lire Magazine et le fait que ce soit un roman court (il y a des périodes comme ça où je n'ai pas envie de me lancer dans un pavé de 500 pages) qui m'ont décidée.

article353

Je ne vais pas faire dans l'originalité, je l'ai lu d'une traite. Martial Kermeur, à qui rien ne semble réussir dans la vie, se retrouve devant le juge pour un meurtre qu'il reconnaît avoir commis. Sous la forme d'un quasi-monologue, il s'agit pourtant bien d'un roman à suspense, dont on devine très vite que la clé se trouve dans le titre du roman (tan pis pour vous si vous n'avez pas eu cette clairvoyance mais pour moi c'était assez évident, et je me suis battue très fort pour ne pas rechercher ce fameux article).

Quoiqu'il en soit l'auteur réussit le pari de ne jamais nous faire oublier qu'il s'agissait d'une déclaration tout en faisant vivre sous nos yeux la petite communauté d'une ville de pécheurs du Finistère, prise dans les mailles du filet (ah ah ah) d'un promoteur immobilier. En balayant tous les registres du polar au roman social en passant par le drame et même la poésie, soutenu par une narration parfaitement maîtrisée, ce roman est en réalité bien plus dense que son nombre de pages ne le laisse paraître.

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07 mars 2017

# 176 Les cosmonautes ne font que passer, Elitza Gueorguieva

Un article élogieux sur le site de l'Express m'a fait découvrir cette pépite effectivement passée inaperçue dans la rentrée littéraire de septembre.

les cosmonautes ne font que passer

Dans le crépuscule de l'ère communiste, une petite fille rêve de devenir cosmonaute, une vocation née de l'admiration de son grand-père et de tout un Bloc pour Youri Gargarine. La transition de la Bulgarie vers un nouveau régime politique accompagne son passage à l'adolescence, elle-même allégorie de ce changement historique. Rêves, désillusions, bouleversements des repères : le ton léger et naïf souligne l'obscurantisme culturel, le tutoiement (perturbant au départ) crée une intimité avec la narratrice dont la jeunesse permet une certaine fantaisie. C’est à la fois drôle, bienveillant et éclairant. Le brin de folie de ce premier roman très réussi m’a rappelé les écrits de Milena Agus.

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16 février 2017

# 175 Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson

"Tout ce qui bouleverse la vie advient fortuitement. Le destin ressemble à ces seaux d'eau posés en équilibre sur la tranche des portes. On entre dans la pièce, on est trempé. Ainsi va l'existence. J'ai été initié à la vérité du "pofigisme" le soir où je m'y attendais le moins. Pofigisme n'a pas de traduction en français. Ce mot russe désigne une attitude face à l'absurdité du monde et à l'imprévisibilité des événements."

Troublant extrait recopié en janvier 2014 après avoir lu S’abandonner à vivre de Sylvain Tesson. Quelques mois plus tard, l’auteur dégringole d’un toit et frôle la mort. Préférant la marche aux séances classiques de rééducation, Sylvain Tesson entreprend de traverser la France à pied. De cette diagonale est né le livre Sur les chemins noirs

sur les chemins noirs

Le projet devient alors clair, le chemin de la reconstruction au propre comme au figuré : c’est un voyage d’introspection intérieur allié à une contemplation nostalgique d'un itinéraire. Le mélange des genres, entre souffrance physique, considérations politiques, sociales et environnementales engendrent au départ beaucoup de confusion. Et puis on se laisse prendre dans la progression du récit, comme si la narration et le corps de l’auteur retrouvaient ensemble de la puissance.

Je regrette le manque de profondeur de certaines analyses frôlant parfois le cliché du citadin nostalgique d’un fantasme : Sylvain Tesson ne se met jamais à la place de celui qui subit l’isolement forcé des coins reculés. Si ce récit est clairement moins bon que Dans les forêts de Sibérie ou que ses recueils de nouvelles – un genre dans lequel il excelle, j’ai pourtant trouvé dans le dernier tiers de Sur les chemins Noirs une densité et une leçon de vie: empêché de se fuir dans l'alcool et les voyages lointains, Sylvain Tesson nous donne ici une douloureuse leçon de réappropriation de soi.

J'en profite pour vous indiquer un autre livre offert par ma soeurette:  Sibérie ma chérie. Un carnet de voyage étonnant, combinant les photos de Thomas Goisque (qui fait d'ailleurs une apparition dans Les chemins noirs), les illustrations de Bertrand de Miollis et les écrits de Sylvain Tesson. Un bel objet dont la poésie touchera ceux que la Russie fascine.

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01 janvier 2017

# 173 Le Sagouin, # 174 Le mystère Frontenac, #175 Le Désert de l'amour

Trois Mauriac pour commencer l'année!

Grace à Marie qui m'a dit lire -et adorer- Le Désert de l'amour, j'ai emprunté trois livres de cet auteur. Ils ont l'avantage d'être courts et me font une sorte de récréation entre deux gros romans, ou après une lecture décevante.

le désert de l amour    le mystère Frontenac    Le_Sagouin

Ma préférence va au Sagouin, puis au Désert de l'amour et enfin au mystère Frontenac, plus descriptif que les deux autres. En fil directeur de ces romans, les liens familiaux et la place de la mère (Le Sagouin, Le mystère Frontenac) et du père et des relations amoureuses (le Désert de l'amour). Dans les trois récits on retrouve l'écriture poétique, romanesque et un peu surannée qui font de Mauriac un de mes cinq écrivains préférés, mais également  et presque paradoxalement un sens narratif proche du thriller tant il arrive à transformer les tensions familiales en intensité dramatique. L'inéluctable étroitesse des familles provinciales de Mauriac lui sert de décor à la révolte de ses protagonistes et chacun de ces romans pose la question du carcan familial, comme un exercice de psychanalyse en double lecture.

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18 décembre 2016

Best of Emma 11

Il me semble que je commence toujours les chroniques jeunesse par la même phrase : « ça fait longtemps que.. »

C’est donc parti pour quelques idées qui s’inviteront peut être au pied du sapin le 25 décembre?

Les livres pop-up :

Je sais bien que c’est la mode et aussi le moyen de nous vendre des livres un peu plus chers que la moyenne, mais force est de constater que ça fonctionne bien auprès des enfants et j’en ai trois à vous conseiller:

-          Le Petit Prince: le grand livre pop-up: merci à Salomé et Margaux qui l’ont prêté à Emma. Il s’agit du texte original avec la mise en relief de presque tous les dessins, tout en respectant la légèreté et la poésie de chacun. Un défi pas si simple et réussi !

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-          Pop-up des merveilles : celui -là il est en cours d’acheminement vers une petite fille. Sa maman viendra peut-être nous dire ici ce qu’elle en pense, moi je suis tombée sous le charme de cet ouvrage qui répertorie 7 merveilles du monde. Le texte complète très bien les découpes et est une vraie invitation au voyage.

-          Celui offert par Stéphanie:La belle lisse poire du prince de Motordu. Un livre pop-up très bien fait, assez solide, et surtout des jeux de mots qui amusent le lecteur enfant... ou adulte!

 

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L’Egypte:

J’aimerais vous dire que l’intérêt d’Emma pour cette civilisation vient d’une visite au Louvre ou d’un livre intelligent, mais je crois bien qu’il faut se résoudre à l’évidence : c’est par Astérix et Cléopâtre (dessin animé ET film !) qu’elle s’est découverte une passion pour l’Egypte. La médiathèque de Viry m’a commandé (oui ! oui ! comme ils n’avaient rien sur ce sujet pour la catégorie d’âge d’Emma la bibliothécaire a fait des recherches et a pris l’initiative de de commander deux livres):

Anhour, petit scribe de Benoît Broyart qui permet d'appréhender le métier et les outils utilisés par le scribe égyptien et Les Enfants du Nil - Il faut sauver Cléopâtre! d'Alain Surget et Fabrice Parme: un aspect enquête autour des principaux thèmes de l'Egypte ancienne. J'y trouve peu d'intérêt historique à proprement parler mais Emma adore.

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Si vous avez des choses intelligentes sur le sujet, je prends les conseils de lecture !

La mythologie :

J’avoue, c’est surtout moi qui suis intéressée par ce thème et Emma y vient peu à peu grâce à deux découvertes:

- Les héros - Mythologie - Hélène, Thésée, Ulysse, Hercule, éditions Quelle Histoire. Acheté par David pour sa classe de CM2, il rappelle les voyages initiaques d'Ulysse, Hercule, Thésée etc... Le livre parfait pour comprendre les principaux héros de la mythologie grecque, la construction du récit en étapes et le rappel cartographique à la fin de chaque chapitre du parcours des héros sont super lisibles. Je découvre cette collection qui se décline en plusieurs livres sur les héros (de Vergingétorix à Jacques Prévert en passant par Magellan!) et Emma me réclame bien sûr Les Egyptiens et Cléopatre.

 

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- La collection Ma première mythologie, Editions Hatier Poche: Thése et le fil d'Ariane, Ulysse le retour. Conseillée par la bibliothécaire, elle met l'accent sur des évènements clé de la mythologie grecque. Là encore cela reste conforme aux récits originaux, un peu édulcoré parfois contrairement au livre précédemment cité (par exemple dans Thésee et le fil d'Ariane la mort d'Egée est passée sous silence). Un ami m'a confirmé que sa fille de sept ans était également fan. 

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Romans:

Ca fait plusieurs mois que je veux vous parler de l’œil du loup, quel que soit votre âge, ce roman jeunesse de Pennac est formidable: l'histoire d'un loup capturé et enfermé dans un zoo...

La collection 20, allée de la danse : une série sur un groupe de  six élèves (filles et garçons) de l'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris. Instructif et réaliste le récit traite de la danse bien sûr mais aussi des tracas et du quotidien de bien des enfants, de façon intelligente et bienveillante. En partenariat avec l'Opéra de Paris.

alleedeladanse

Les cadeaux originaux:

Enfin ce post est aussi l'occasion de vous faire partager l'ambition d'une start-up qui a besoin de vous pour voir le jour!  storyenjoy.com propose d'allier lecture et numérique et de e filmer en racontant une histoire. Cela permet de maintenir le rituel de la lecture d'histoire même à distance! Malin par exemple pour les grand-parents éloignés ou les parents séparés!

 

 

06 décembre 2016

# 171 Et je danse, aussi, # 172 Mes amis devenus, Jean-Claude Mourlevat

Je ne connaissais pas cet auteur et je l'ai découvert dans un colis arrivé pour mon anniversaire. C'était déjà un petit évènement en soi: il faut savoir qu'avec Stéphanie on ne s'offre JAMAIS nos cadeaux d'anniversaire à l'heure. Ce qui a l'avantage d'être souvent un coup de coeur du moment, même si c'est avec trois mois de retard. 

Bref, j'attaque donc Et je danse aussi écrit en collaboration avec Anne-Laure Bondoux. L'idée de départ est sympa - une correspondance inattendue entre un auteur et une lectrice - et l'écriture fluide, cependant je trouve l'intrigue improbable. En réalité ce qui nuit à la crédibilité c'est la co-écriture: les auteurs valorisent au travers du récit et de manière exagérée la qualité d'écriture de l'autre. De fait j'ai eu du mal à entrer totalement dans la correspondance et à passer outre leur exercice de style, trop visibles dans ces compliments.

Et je danse_aussi

Résultat? A cause de cette lecture en demi-teinte j'ai remis à plus tard le second roman Mes amis devenus. Il était bien visible sur ma table de nuit et attendait que son heure arrive. Vendredi soir, fin de semaine, moins mille degrés dehors, l'anniversaire de Stéphanie le lendemain (et si vous voulez savoir j'ai moi aussi été à l'heure pour son cadeau, applaudissements!) : parfait timing.

Mes_Amis_Devenus

Quelques instants avant des retrouvailles entre amis de jeunesse le narrateur se souvient de son enfance et de son adolescence dans le Puy de Dôme. Ces deux premiers tiers du roman sont absolument dans l'esprit "feel-good book", c'est drôle et bien vu. On reconnaît des parties autobiographiques et je me projette d'autant plus dans cette histoire que l'auteur décrit une époque et une région dans laquelle ma mère a grandit. Je l'imagine tout à fait dans ce groupe d'amis, en internat où elle a rencontré ensuite mon père... La dernière partie sur les retrouvailles est un peu moins bien, un peu trop comédie sentimentale à mon goût mais le récit reste rythmé. J'ai plié le bouquin en 24 heures. Et je sais à qui je vais le prêter en premier.

Enfin, une dernière remarque: ce sont deux livres tout à fait accessibles aux adolescents, Jean-Claude Mourlevat est d'ailleurs reconnu pour ses écrits en littérature jeunesse. 

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