# 51 Sauvez Mozart, Raphaël Jerusalmy
Ma soeurette m'a dit: "tiens je te prête un bon livre, j'avais entendu la critique sur France Inter. Ca ressemble un peu à Inconnu à cette adresse."
Effectivement Sauvez Mozart, premier roman de Raphaël Jerusalmy, est une petite pépite. Otto Steiner, critique musical autrichien, vit les premiers mois de la seconde guerre mondiale depuis le sanatorium où il dépérit. Malgré l'isolement, la réalité de la guerre s'infiltre et se fait omniprésente, alors que le narrateur en parle peu. Ce qui le fait tenir, lui, c'est son amour pour la musique classique et notamment la tenue annuelle du festival de Salzbourg, transformé par les nazi en "pot pourri philharmonique". Humilié par son statut de malade "parasite", il garde envers lui même et la musique une exigence qui forge sa révolte. Mais que peut-on faire dans son état pour "sauver Mozart"?
Rythmé par différents rebondissements, plein d'humour, ce court récit fait aussi écho pour moi au célèbre Indignez-vous de Stéphane Hessel : "La pire des attitudes est l'indifférence, dire "je n'y peux rien, je me débrouille". En vous comportant ainsi, vous perdez l'une des composantes essentielles qui fait l'humain. Une des composantes indispensables : la faculté d'indignation et l'engagement qui en est la conséquence".
PS
Je vous conseille donc aussi:
- Inconnu à cette adresse, de Kressmann Taylor
- Indignez-vous, de Stéphane Hessel
Par Christelle : La liste de mes envies, Grégoire Delacourt
Je ne le rappelle pas assez souvent, mais j'ai toujours souhaité que ce blog soit un lieu d'échange, et j'invite les gens qui le souhaitent à commenter ici une lecture, que ce soit une découverte ou son livre de chevet (voir une pièce de théatre, une visite de musée, que sais-je encore!).
Cette fois ci c'est ma cousine Christelle qui m'a conseillé La liste de mes envies. J'apprécie d'autant plus cette contribution que nous parlons souvent de nos lectures, même si nous n'avons pas toujours les mêmes goûts (ce qui rend l'échange d'autant plus intéressant!).
Petit résumé:
Jocelyne, mercière, gagne au loto. Sa situation sociale (basse), peut radicalement changer mais le veut-elle vraiment? Elle garde en secret à son entourage et son mari qu'elle est riche, de peur de perdre encore plus : a t - elle raison?
J'ai adoré ce livre, facile à lire, je me suis attachée au personnage et surtout de savoir quel choix je ferais à sa place. Tout le corps du livre reste sur le même rythme, plus ou moins lent mais jamais ennuyeux et puis d'un coup ce rythme est cassé par un évènement surprenant et c'est le coup de théâtre du livre et là on reste surpris, sans réaction ou plutôt si pour moi de la colère .... Lisez le pour savoir la fin ...
Mon avis:
Un livre frais et entraînant: un sujet d'apparence légère qui amène à s'interroger sur des sujets plus profonds. Je regrette que certains thèmes n'aient pas été plus poussés, mais j'ai apprécié la façon dont l'auteur construit son récit pour faire ressortir le coté "ce pourrait être vous". Une vie ordinaire avec ses hauts et ses bas, ses petites réussites et ses déceptions du quotidien. Enfin, pour être sincère, j'avais deviné le dénouement...
Merci cousinette!
# 50 La Guerre du Feu, J-H.Rosny Aîné
Je continue dans la littérature jeunesse, pour un public totalement différent : les 9-12 ans (et plus)! C'est un livre qui a une place particulière dans mon coeur : La Guerre du Feu, de J-H. Rosny Aîné.
En 6ème, notre professeur de français nous avait invités à participer à un concours de lecture. Je me souviens de la sélection départementale, du formulaire dans lequel il nous était demandé de faire un résumé du livre et d'expliquer notre choix; du soir où j'ai reçu le coup de téléphone m'annonçant que je participerais au concours régional; des heures passées à choisir l'extrait que je devais lire devant le jury. J'en avais finalement sélectionné 2 (dont le passage que je reproduis ci-dessous), je me souviens de mes parents et ma soeur qui, sans avoir assisté à l'oral, étaient persuadés que je serais la gagnante; du léger vertige quand le jury a écorché mon nom en annonçant le vainqueur. Ensuite il y a eu une vingtaine de livres à lire en quelques semaines et puis une virée à Paris pour faire partie du jury des jeunes lecteurs, mais là je crois que ma maman s'en souvient mieux que moi! Minute de gloire, passage à la radio locale où j'ai d'ailleurs oublié mon cartable (merci le journal intime de l'époque pour me rappeler ce petit détail), et journée avec Isabelle Lacan avec les 20 premiers du département, dont ma meilleure amie qui a terminé deuxième (dis tu ne m'en veux pas pour la photo d'époque? ;-).
La Guerre du Feu se lit à tout âge: je crois que j'y ai pris autant de plaisir qu'il y a 20 ans! A la fois romain d'aventure et fiction préhistorique, on suit les aventures de l'intrépide Naoh parti de son clan pour reconquérir le feu, élément vital pour la survie de sa tribu.
Un jour la horde s'arrêta avant le crépuscule. C'était à la pointe d'un lac aux eaux vertes, sur une terre sableuse, par un temps extraordinairement sec. On voyait dans le firmament un vol de grues; des sarcelles fuyaient parmis les roseaux; au loin rugissait un lion. Les Wah alllumèrent deux grands feux ; Naoh, s'étant procuré des brindilles très minces et presque carbonisées, frappait ses pierres l'une contre l'autre. Il travaillait avec une passion violente. Puis des doutes le prirent ; il se dit que les Wah cachaient encore un secret. Près de s'arréter, il donna quelques coups si terribles qu'une des pierres éclata. Sa poitrine s'enfla, ses bras se raidirent; une lueur persistait sur une des brindilles. Alors soufflant avec prudence, il fit grandir la flamme: elle dévora sa proie, elle saisit les autres ... Et Naoh, immobile, tout heletant, les yeux terribles, connut une joie plus forte encore que lorsqu'il avait vaincu la tigresse, pris le Feu au Kazamms, fait alliance avec le grand mammouth et abattu le chef des Nains Rouges. Car il sentait qiu'il venait de conquérir sur les choses une puissance que n'avait possédée aucun de ses ancêtres et que personne ne pourrait plus tuer le Feu chez les hommes de sa race.
Le Best-of d'Emma - 2
A l'occasion du Salon du Livre de Paris 2012, j'ai découvert une nouvelle collection "éveil" très chouette: Mes p'tits albums des éditions Auzou.
Je prends autant de plaisir qu'Emma à lire ces histoires rythmées et joliement illustrées. La dose d'humour est inégale entre les différents récits, pour ma part j'adore Roucoule la Poule, mais pour ma fille sa préférence va à Moustache et Robin.
J'ajoute enfin que le prix est très raisonnable (albums souples: 5€95 ou format grands albums :9€95), avec une qualité irréprochable!
# 49 Une pièce montée, Blandine Le Callet
Soeurette me disait qu'en ce moment, elle avait besoin d'un "livre facile à lire". Je connais ce sentiment, ça peut arriver lors d'une période où je suis un peu fatiguée, ou après une série de livres moyens voir mauvais... J'ai récemment lu Une pièce montée, qui répond à tous les critères de la lecture détente. Léger, drôle et d'une écriture agréable, Blandine Le Callet raconte le mariage de Bérengère et Vincent vu par différents protagonistes. A partir de cet évenement heureux elle dresse un portrait peu reluisant de la bourgeoisie moderne et souligne avec finesse l'intolérance ordinaire.
Un premier roman agréable et rythmé qui me donne envie de lire La balade de Lila K., très remarqué par les critiques.
- C'est où déjà ta boutique, là...?
Il se rend compte qu'il a oublié le nom dont elle lui rebat pourtant les oreilles depuis plusieurs jours. Il l'a sur le bout de la langue, mais il n'arrive pas à le retrouver. Elle le regarde interloquée, comme s'il était fou. Il répète bêtement: "Ta boutique..." et reste en suspens, incapable de retrouver le nom. Elle le dévisage en souriant avec ironie. Il n'est pas difficile de deviner ce qu'elle a dans la tête: tu vois bien que tu ne t'intéresses pas à tout ça: tu as même oublié le nom du magasin dont je te parle depuis une semaine!
Et puis soudain, il croit se souvenir... Il crie d'un air triomphal: "Feuille de rose!" et comprend immédiatement, en s'entendant, qu'il vient de proférer une énormité. Le sourire de Bérengère disparaît. Elle se durcit et murmure:
- Tu te moques de moi, Vincent!
Il bafouille en s'excusant que bien sûr ça ne peut pas être ça. Elle sort de la voiture en claquant la porte, fait le tour et vient ouvrir la portière coté conducteur:
- Descend de là, j'y vais toute seule.
- Mais non, mais non, je t'accompagne.
Elle répète excédée:
- Ca suffit comme ça! Tu descends de là et tu me laisses y aller toute seule. Je crois que tout le monde s'en trouvera mieux!
Il sort de la voiture et s'excuse, l'air piteux.
Elle le toise, prend place dans le véhicule, et referme violemment la portière. Visiblement elle regrette de n'être pas parvenue, ce faisant, à lui sectionner un ou deux doigts. Elle démarre sans un regard pour lui. A l'instant où la voiture disparaît, le nom de la boutique lui revient: Bois de rose.
# 48 Battement d'ailes, Milena Agus
Son écriture fluide, vive et poétique avait déjà retenu mon attention avec Mal de pierres. Battement d'ailes confirme tout le bien que je pense de Milena Agus.
Tranches de vie d'un petit hameau de la côte sarde sur fond de constructions touristiques: la narratrice dresse avec sa vision un peu naïve d'adolescente un portrait de Madame, une voisine originale avec laquelle elle s'est liée d'amitié. Touchante dans sa générosité à tout donner aux hommes qui croisent son chemin, Madame se demande si elle va finir par être aimée en retour.
La grande force de ce roman, ce sont aussi les personnages secondaires: dans la famille voisine, je voudrais Pietrino, le benjamin un peu illuminé, l'ainé qui fuit l'entreprise familiale pour aller jouer de la trompette à Paris, ou encore la grand-mère, plus ouverte d'esprit qu'il n'y paraît!
La narratrice, une jeune fille reconnue pour son imagination débordante, fait quant à elle partie d'une famille sans homme, à l'exception de grand-père, un personnage doté d'un humour merveilleux.
Les querelles et les petits évènements rythment la vie de ce microcosme fantasque d'un autre temps. De l'argent et du bonheur, de l'amitié et de l'amour: qui sortira vainqueur de ce petit bijou de roman?
Alors grand-père est allé chez Madame et lui a pardonné, Madame n'a jamais compris quoi, mais peu importe. A la suite de cet épisode, grand-père a élaboré une philosophie de l'amitié, dite du voyage aller-retour. A l'aller, vous ne voulez plus entendre parler de votre ami, tellement vous le trouvez stupide, et au retour, vous vous dites que malgrè tout, au fond, c'est votre ami, qu'il a beaucoup de qualités et que vous n'êtes pas près d'en trouver un autre comme ça.
# 47 Les Découvertes, Eric Laurrent
Emprunté par hasard (il était exposé sur l'étagère des nouveautés de la médiathèque) et lu très rapidement, ce court roman raconte la découverte du corps féminin par un adolescent des années 1970. Il ne s'agit pas d'apprentissage amoureux, mais bien de celui du désir alimenté par des fantasmes que l'auteur partage avec nous: du tableau des Sabines de David à l'affiche d'Emmanuelle, en passant par les magazines érotiques et les mamans sexy de ses camarades. Sa fascination pour la beauté de la femme n'a de semblable que sa frustration de ne pouvoir "passer à l'acte".
Les découvertes est une sympathique découverte (ah ah ah), un livre pétillant. Aucune originalité dans le thème ou la façon de le traiter, mais une écriture précise et aiguisée, avec cependant la bonne dose d'autodérision pour ne pas tomber dans la pédanterie. J'ai aussi aimé sa façon de célébrer les femmes dans leur diversité, sans aucune stigmatisation de la beauté. A travers ce récit, on ne peut être qu'étonné des différences avec "notre époque" où le corps féminin et la sexualité sont exposés, partout, voir imposés.
#46 Une vie à coucher dehors, Sylvain Tesson
Parfois il suffit de trois fois rien pour tomber sur un bon livre. En l'occurrence, un repas professionnel, la conversation qui dérive: Into the Wild, Sukkwan Island et ce roman que mon interlocuteur est entrain de lire, dont il ne se rappelle ni le titre ni l'auteur, mais ça se passe en Sibérie.
Je sais que ce livre me dit quelquechose, je l'avais remarqué sur Lire Magazine.
Virée du samedi à la bibliothèque de Viry, et en présentoir: Dans les Forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson. Le bouquin est indisponible, mais cet auteur me dit VRAIMENT quelque chose. Dans les rayons, je trouve son recueil de nouvelles, consacré en 2009 par le Goncourt des Nouvelles. Ouf la boucle est bouclée, je l'embarque et le dévore en 2 jours.
Avec comme fil conducteur l'absurde et le tragique, Sylvain Tesson nous emmène sur la mer Egée, dans la taïga sibérienne, en Bretagne ou encore en Écosse. Les chutes sont inattendues, le style impeccable.
J'ai particulièrement aimé L'Asphalte, et a contrario le récit le moins plaisant fut Le Phare (je dois avouer que c'est la seule chute que je n'ai pas comprise...).
#45 Le Passager, Jean-Christophe Grangé
Vacances à la neige, envie d'une lecure "facile"... J'avais justement gardé Le Passager de coté.
Le prix Yaourt
Voici venu le temps des Best-of et des Miss France...
Cette année je vous propose d'élire votre Prix Yaourt (le livre le plus marquant de l'année - parmi vos lectures, pas selon la date de parution hein!) et vous pouvez également décerner un label Banane pour un livre que vous voulez distinguer- une jolie surprise par exemple)
Mon prix Yaourt va donc à Tours et Détours d'une vilaine fille
Et je décerne le label Banane à David Gemmel et sa trilogie troyenne
A vous les studios!
En janvier, si vous êtes sages, vous aurez droit à une petite liste des bonnes résolutions (ou comment je vais vous soutenir mordicus que je relirai les nouvelles de Maupassant, La Guerre du Feu ou Se résoudre aux Adieux).
















