Rallumer les étoiles

19 février 2019

# 254 De l’Angleterre et des Anglais, Graham Swift

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Dans la sélection littéraire du Monde de début janvier, le nom de Graham Swift m’a immédiatement attirée. Le genre littéraire et le thème ont fait le reste: ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de nouvelles et en ces temps de Brexit où l’Angleterre n’est vue que par ce prisme protectionniste et nationaliste (ça me rappelle un peu la Russie sans arrêt assimilée à Poutine), retrouver un peu du charme anglais et l’écriture si particulière de Graham Swift était séduisant.

Il faut dire que pour moi ce pays ce sont les quatre premières années de ma vie professionnelle, la liberté financière, de très belles rencontres… Côté littérature anglaise je n'ai pas une grande culture mais les soeurs Brontë, Oscar Wilde ou Agatha Christie ont dans mes souvenirs une subtilité et un humour que j'ai retrouvés au quotidien et qui donne ce je-ne-sais-quoi british indéfinissable et très reconnaissable.

25 nouvelles, certes de qualité inégales, où l'on retrouve avec plaisir l'écriture si élégante d'un dimanche des mères.

 

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03 février 2019

# 253 Vernon Subutex, Virginie Despentes

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Tout le monde connaît Virginie Despentes. Moi je l'ai découverte avec Baise-moi pendant mes études, j'avais tout simplement détesté, je n'en garde que le souvenir de beaucoup de vulgarités pour pas grand chose. J'ai réitéré avec Apocalypse bébé, et là encore je l'avais terminé avec peine. Je dois dire que les interventions médiatisées de l'auteur n'aident pas : je la classe dans la même catégorie que Houellebecq (dont on dit quand même qu'il fait exprès d'écrire de façon inintéressante pour que cette écriture soit le reflet de sa vision désabusée du monde => l'arnaque quoi).

Alors pourquoi le choix de Vernon Subutex? Eh bien Stéphanie, à bout de patience de me le conseiller sans parvenir à me le faire lire, me l'a offert. 

"Ca n'avait jamais été un groupe qui l'intéressait. Mais l'amitié fait ça: on apprend à jouer sur le terrain de jeux des autres." (in Vernon Subutex , p.21)

Verdict: lu d'une traite, le récit est rythmé, les personnages bien que caricaturaux sont trés bien saisis, au point où, malgré leur nombre, on ne se perd jamais. Les liens entre chacun d'eux sont amenés avec beaucoup de subtilité tout en suivant la déchéance de Vernon Subutex qui vient de perdre l'unique source de ses revenus avec le décès de son pseudo-ami Alex, un rockeur célèbre.

J'ajouterai aussi que pour moi l'énigme fonctionne: j'ai vraiment envie de savoir ce que contient l'enregistrement des confidences de la star sur lequel tout le monde cherche à mettre la main!

Il y a forcément un "mais" à cette critique : le roman est quand même un peu trop dark pour moi dans ce monde parisien très Zarcaïen à mille lieux du mien, les hétéros, hommes comme femmes, sont pathétiques et seules les lesbiennes s'en tirent à bon compte. Du Virginie Despentes tout craché. Mais comment ne pas se dire que ce féminisme exarcerbé et violent, qui n'est pas le mien, n'est pas légitime, voir nécessaire, dans un combat encore loin d'être gagné, pour les femmes comme pour les homosexuels? Alors si un anti-héros du nom de Vernon Subutex peut amener sa part de prise de conscience, pourquoi pas!

Sur le thème du féminisme, j'en profite pour vous conseiller la pièce de théatre Et pendant ce temps Simone veille, une comédie pas si légère qu'elle n'y parait sur l'évolution de la condition féminine en France (avec le rappel qui tue: l'homosexualité était considérée comme une maladie en France et par l'OMS jusqu'en 1992!).

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27 janvier 2019

# 252 Au premier regard, Margriet de Moor

Hop hop, je rattrape mon retard!

La phrase d'accroche de la critique du Monde a été efficace : "La pâtisserie, dit-on, apaise l’âme. Peser, mélanger, pétrir, faire lever, enfourner… Et si ces simples gestes étaient les antidotes les plus efficaces aux douleurs enfouies ?". Parce que cette "femme, en proie à l’insomnie" qui "prépare des gâteaux jusqu’au lever du jour" m'a immédiatement rappelé quelqu'un, j'ai téléchargé Au premier regard sans hésiter.

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C'est un livre court et d'une fluidité inversement proportionnelle à sa complexité psychologique.

Depuis que son mari s'est suicidé sans laisser d'explication après quelques mois de mariage, elle se contente d'amants passagers sans jamais pouvoir s'endormir à leurs côtés. Alors, elle se lève et cuisine: la matière réinvestit le temps et l'espace.

Avec une grande subtilité ce texte dit tout des distorsions révélées lors des ruptures amoureuses, des sentiments de trahison et d'abandon refoulés derrière un corps-rempart. Peu à peu, entre les lignes, à l'image des non-dits qui hantent la narratrice, le stoïcisme de façade se fissure, préfigurant une hypothétique renaissance: retrouver la confiance en soi nécessaire pour s'autoriser un attachement sentimental. Margriet de Moor suggère plus qu'elle ne décrit et parvient ainsi à créer une atmosphère de tension et de fragilité absolument remarquable.

🎧

#instatcat #instabook: le making off 🙈

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15 janvier 2019

# 251 Le Discours, Fabrice Caro

 

14 janvier 2019

 *

Embourbée dans Le Lambeau de Philippe Lançon, j'avais besoin de lire en parallèle quelque chose de léger et de court: la recommandation d'Olivia de Lamberterie au Masque et la Plume est tombée à pic.

Lors d'un repas de famille, le beau-frère d'Adrien lui demande de préparer un discours pour le mariage de sa soeur... Refuser semble encore plus insurmontable que l'exercice lui-même. Il faut dire que sa confiance en lui est largement minée par sa rupture récente qui accapare ses pensées. 

Fabrice Caro réussit à nous faire rire - surtout de nous-même - en racontant avec acuité les comportements irrationnels de l'amoureux délaissé (ah l'analyse sémantique des SMS...) et les petits rites familiaux. Ce huis clos se prêterait aisément à une mise en scène tant le récit emprunte au genre théâtral.

Une jolie découverte, un livre que je conseille à tous ceux qui cherchent une lecture facile mais pas mièvre. A toi qui traverses les affres de la séparation en pensant que jamais au grand jamais tu ne t'en remettras, lis-le aussi. Ça ne le/la fera pas revenir, mais un peu d'autodérision et d'orgueil bien placé sont souvent salvateurs.

 * Tentative de photo 2 en 1 #instacat #instabook: Zeus 1 - Armelle 0

 

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13 janvier 2019

# 250 Le Lambeau, Philippe Lançon

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Professionnels et amateurs, nul ne tarit d'éloges: Le Lambeau a ému la France entière. Le Goncourt fut sévèrement tancé de ne pas lui avoir décerné son prix annuel - petit buzz sans méchanceté, d'autant que le livre de Philippe Lançon n'avait pas besoin de la distinction pour être médiatisé.

"Magistral!", "Splendide!", "Puissant", "Un récit intense":  l'histoire du journaliste rescapé de l'attentat du Charlie Hebdo fait l'unanimité.

Je dois donc être la seule personne que ce livre a laissé de marbre. Je vous assure que ça fait bizarre face à un tel consensus: bien sûr j'ai cherché des critiques négatives ou au moins un petit bémol, le truc qui te fait te sentir un peu normale. 

Personne d'autre n'a donc eu le tournis à force d'allers-retours entre la chambre, le couloir et le bloc opératoire (à un moment je ne savais même plus en quelle année on était, s'il s'était passé une semaine ou un an dans son chapitre même si je me doutais bien que la logique narrative voulait que l'action se déroule entre les deux attentats français de 2015); personne n'a ressenti un ennui colossal à l'évocation des journées qui s'écoulent au rythme des rendez-vous médicaux et des visites d'amis, d'ex, de futures ex, ni de nausées en visualisant les pansements baveux et autres joyeusetés médicales. Là où tout le monde a semblé voir un formidable récit de reconstruction de soi, moi je tournais les pages dans l'attente: ça va venir, ça va venir... L'émotion n'est jamais venue et j'ai bousillé le bouquin de ma soeur à le traîner pendant trois semaines dans mon sac. 

Le moment était sûrement mal choisi pour le lire: après la biographie d'Apollinaire et dans une période professionnelle prenante, un choix plus léger aurait été judicieux...

Pour ne pas rester sur une note négative et sur le même sujet, je vous recommande la pièce de théatre Lettres à Nour (ou plutôt sa version écrite en attendant de nouvelles dates) : elle était jouée par Cantona et c'est ce qui m'a poussé à prendre des places après l'avoir découvert sous un tout autre jour dans un documentaire lié à Gaëtan Roussel (lui-même très proche de sa femme Rachida Brakni avec qui il a créé le groupe éphémère Lady Sir). 

Non seulement le texte est très beau mais en plus Cantona joue merveilleusement bien, dans une mise en scène pourtant simplifiée au maximum (une table et des lettres), me rassurant sur ma capacité à m'émouvoir.

A écouter: Cantona dans Boomerang

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06 janvier 2019

# 249 Guillaume Apollinaire, Laurence Campa

Une trop longue absence : la vie connaît parfois des accélérations qui me bloquent un peu pour écrire ici. Un manque de confidentialité - je devrais réussir à sécuriser cet endroit un de ces jours, et de temps - je serai sûrement plus brève et moins inspirée mais toujours l'envie de vous conseiller quelques livres lus ces dernières semaines. Et puis dans 18 mois cela fera dix ans que je tiens ce blog, alors je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin.

 

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La biographie d'Apollinaire par Laurence Campa, cela faisait cinq ans qu'elle transitait entre ma table de nuit et ma bibliothèque. Il faut dire que je l'ai achetée en édition papier et que ce volume de plus de huit cents pages pèse un kilo et cent quatre-vingts grammes (oui oui je l'ai RÉELLEMENT pesé pour les besoins narratifs). Et je lis la plupart du temps allongée, autant dire que sa lecture se rapproche plus d'une séance de musculation.

La sortie au printemps dernier du nouvel album de Feu! Chatterton, d'inspiration très apollinienne m'a remotivée, même si j'ai mis plusieurs mois pour la lire. C'est un livre dense et érudit et probablement un des essais les plus brillants que j'ai lus, du même acabit que Pourquoi la musique?

Laurence Campa retrace la vie de Guillaume Apollinaire dans ses détails les plus intimes qui en s'assemblant nous permettent de lire entre les lignes des écrits du poète. Guillaume Apollinaire avait une capacité à enchanter le réel par l'écriture, éternel rêveur, y compris de sa propre vie, ses poèmes lui ressemblent et me touchent toujours autant. Ils m'accompagnent dans les moments de tristesse tout comme dans les instants de bonheur car Apollinaire ne sait à nul autre pareil mettre des mots sur ces fulgurances de la vie. On comprend après cette lecture pourquoi la fragilité de l'instant et une mélancolie heureuse irradient ses textes.

Mais ce n'est pas tout: d'une curiosité insatiable, précurseur et à l'écoute de ses intuitions Apollinaire est aussi l'inventeur du terme "surréalisme". En réalité si cet essai est aussi passionnant, c'est que Laurence Campa nous embarque dans la fabuleuse histoire de l'art du début du vingtième siècle, quand la concurrence de la photographie encourage une disruption dans la création artistique*. Picasso, Delaunay, Laurencin, Rouveyre, Dufy et tant d'autres: ils sont le Paris d'Apolllinaire, quand les cubistes font scandale aux Salons des Indépendants et que la presse écrite est l'unique moyen de diffusion d'information. On comprend alors le cheminement jusqu'aux Calligrammes d'Apollinaire.

Mais encore: voilà que la Première Guerre mondiale fait irruption. Et toujours cette façon de rêver sa vie par l'écriture qui caractérise Apollinaire: voici Lou, puis Madeleine, et aussi l'horreur des tranchées qui donnent naissance à des textes lumineux.

Mais enfin: cette grippe espagnole, encore aujourd'hui expédiée en deux lignes dans les livres d'histoire et à laquelle le poète succombe, quelques heures avant l'armistice.

Je ne parviens pas à sélectionner les extraits à mettre ici: j'ai corné une bonne dizaine de pages mais tout me semble à présent réducteur.

Pour aller plus loin:

A écouter:

- Feu! Chatterton, sur Deezer ou sur Spotify et en concert en ce moment un peu partout en France (vivement le 24/01!).

- Apollinaire chanté par Leo Ferré

- Le concert fiction Apollinaire, Poèmes de la paix et de la guerre où je suis allée avec Marie juste après avoir terminé cette biographie. J'ai autant aimé le moment suspendu dans une poésie incroyable à la Maison de la Radio que l'idée qu'elle ait acheté ces billets juste parce que la mention d'Apollinaire lui fait immédiatement penser à moi.

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A voir:

- L'exposition sur Le cubisme au Centre Pompidou : particulièrement bien construite, pour les adultes comme pour les enfants (Emma a adoré), des oeuvres de Picasso, de Delaunay et de Braque que j'adore et quelques écrits d'Apollinaire, justement, notamment sur le Salon des Indépendants. Allez-y avant qu'elle ne se termine et une petite astuce: à midi il n'y avait vraiment pas grand monde. Faites aussi un saut à la librairie de Beaubourg qui donne envie de tout acheter.

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A lire:

Apollinaire évidemment. J'ai la chance d'avoir ses Oeuvres Poétiques de La Pléiade, mais vous pouvez trouver en poche Poèmes à Lou, Alcools ou encore le recueil Calligrammes accessibles pour les plus jeunes. 

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* Voilà un bel exemple d'innovation disruptive! :D

 

 

 

 

 

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20 novembre 2018

# 248 Les Athlètes dans leur tête, Paul Fournel

Alors que je cherchais sans succès le dernier Fottorino à la Médiathèque, je suis tombée sur le recueil de nouvelles de Paul Fournel Les Athlètes dans leur tête (les plus perspicaces auront noté la proximité alphabétique des deux auteurs), le nom me parlait et mon goût pour ce genre littéraire et la thématique ont suffit à me convaincre de le lire.

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Lauréat du prix Goncourt des nouvelles 1988, Paul Fournel saisit en quelques pages un instant-clé de la vie d'un sportif. De par sa passion cycliste, il fait la part belle à celles qui concernent "la petite reine" mais chaque récit révèle une introspection intéressante. 

Au risque de me répéter, j'aime les nouvelles pour leur exigence dans leur rythme et aussi parce que par leur format court elles sont un bon moyen de se remettre à la lecture. Celles-ci sont parfaites pour ceux qui opposent trop souvent activités physiques et littéraires.

J'en profite pour vous signaler un court métrage (qui est pour moi la version cinématographique de la nouvelle) sur la natation, absente du livre de Paul Fournel: Quand j'ai remplacé Camille

Et puis la chanson parfaite pour ce genre littéraire (et je suis bien contente d'arriver à la caser ici!): Five minutes

J'aurais pu vous mettre celle-ci mais ça n'aurait pas été le même clin d'oeil. Voilà vous l'avez en tête pour quelques heures, j'en profite pour louer la patience de mon équipe projet qui se coltine hebdomadairement la chanson débile du vendredi.

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04 novembre 2018

# 247 Riad Sattouf

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J'ai découvert Riad Sattouf il y a deux ou trois ans avec L'Arabe du futur. La narration, le décalage entre le point de vue enfantin et la gravité de la situation, les dessins et jeux de couleurs: tout concourt à la subtilité de ces romans graphiques sur l'évolution de la situation syrienne, le radicalisme et l'intégrisme, un exercice pourtant assez périlleux. C'est à la fois drôle, touchant et intelligent et le quatrième tome paru cet automne n'y déroge pas.

J'ai ensuite rapidement adhéré aux bandes dessinées Les cahiers d'Esther. Retransposant en dessin et en bulles les réflexions d'une petite fille avec une histoire par planche et une année par volume, l'idée est vraiment originale et réussie. Emma a commencé à les lire : vu son obsession de la Syrie, quand je lui ai expliqué l'histoire de l'auteur, il n'a pas fallu insister longtemps. Elle a aussi lu Retour au collège que j'ai emprunté à ma médiathèque et qui traînait au salon, un dimanche où elle s'était réveillée avant moi. Ce n'est clairement pas de son âge mais évidemment elle a adoré : c'est bien connu ce qui est transgressif a une saveur supplémentaire particulière et à son petit sourire malicieux j'ai su qu'aux premiers gros mots elle a du éprouver ce souffle de liberté que l'on ressent tous quand on brave l'interdit.

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29 octobre 2018

# 246 La comédie (in)humaine, Nicolas Bouzou et Julia de Funès

J'ai prêté ma liseuse en septembre à mon père pour qu'il puisse la tester et il a téléchargé quelques livres dont La Comédie (in)humaine de Nicolas Bouzou et Julia de Funès.

D'ordinaire je lis plutôt pour "sortir du réel" et donc du monde professionnel. J'aime rêver et la lecture me permet de m'évader en toute légitimité dans cet autre monde, sans avoir besoin de me justifier. Ce n'est qu'aujourd'hui que je réalise que ma position favorite pour lire c'est d'être allongée sur un canapé... Toute ressemblance avec un exercice de psychanalyse ne serait peut être pas si fortuite que ça.

Bref, toujours est-il que cet essai sur la vie en entreprise ne m'aurait a priori absolument pas tentée, mais c'est sans compter sur la petite lumière du regard de mon père quand il me l'a recommandé à plusieurs reprises en disant simplement : "lis-le, tu verras, y a des trucs qui vont te parler".

Des trucs? Mais c'est le livre en entier qui a résonné: en le lisant je photographiais des pages de ma liseuse pour l'envoyer en temps réel à quelqu’un qui m’a beaucoup aidée à être moi-même dans ce monde trop normé et restrictif de l’entreprise.

Je ne vous mettrai pas ici ces copie-écrans parce qu'elle sont trop nombreuses et parfois relatives à un contexte particulier qui ne vous parlerait pas, mais une chose est sure, si vous trouvez du sens à votre travail mais que vous vous sentez parfois découragé par les process inutiles au point de craquer et d'envoyer la vidéo de la maison des fous d'Asterix en guise de réponse à un énième mail parce que vous avez pas mis le bon code budgétaire - parmi les 14000 proposés- dans le système A, ce qui du coup bloque la commande de PC saisie dans le système B et qui de toutes façons nécessitait au préalable la déclaration des comptes Windows dans l’outil C  (✅),  alors vous trouverez dans cet essai sinon la résolution de vos problèmes au moins un écho qui vous permettra de vous sentir à peu près normal(e). Et rien que pour ça: merci!

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22 octobre 2018

# 245 Décapage (revue littéraire)

Allez, je me remotive pour écrire à nouveau ici et partager avec vous mes derniers coups de cœur littéraires.

On commence avec un OLNI: grâce au compte Instagram de François-Henri Désérable, j’ai découvert la revue Décapage qui existe pourtant depuis 2001. Le jeu de mot de son intitulé m’a immédiatement attirée, présageant d’un second degré subtil. 

j’ai bien fait de suivre mon intuition: en ouvrant l'enveloppe au discret tampon Flammarion, je découvre un joli objet, plus proche du livre que du magazine. Les couvertures des numéros 58 et 59 que j’ai commandés ont été réalisées par Charles Berberian.

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J’ai été vraiment stupéfaite par la qualité de ce périodique dont l'originalité se vérifie tant dans la forme que dans le fond.

Des sujets qui peuvent paraître futiles mais qui ne le sont pas tant que ça: qui ne s’est jamais interrogé sur le sens d’une dédicace? Et on trouve pèle-mêle le prix de la page 111 avec ses statistiques étonnantes, un magnifique autoportrait de Nathalie Kuperman dont on a envie de lire tous les bouquins (avec une mention spéciale à la parties "la petite fabrique des romans" qui lui laisse de l’espace pour s’exprimer sur chacune de ses publications), des critiques de livres en BD, des nouvelles, des auteurs connus, d’autres tout jeunes mais déjà prometteurs... Bref, de l’inénarrable Courriers des lecteurs à ne pas manquer en début de revue aux conseils de lecture qui la clôture, vous trouverez dans ces 170 pages éclectiques de l’audace, de la légèreté, de l’auto-dérision, beaucoup d’humour, de la poésie aussi... Les auteurs qui collaborent à Décapage semblent vraiment se faire plaisir et ça se ressent dans leurs textes. C’est simple, en refermant le numéro 58, pour la deuxième fois de ma vie je crois*, je me suis dit: « voilà le métier que j'aurais aimé faire: créer cette revue ».

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Bravo à son créateur Jean-Baptiste Gendarme. 

Vous trouverez le sommaire détaillé de chaque revue sur le site internet de Décapage. Certaines librairies la distribuent mais le plus simple reste de commander en ligne.

* La première fois c’était à six ans en assistant de façon complètement fortuite à un entrainement de la Patrouille de France dans le ciel nîmois. Et je reste encore persuadée que j’aurais été heureuse d’être pilote de chasse.

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