Eva fait partie du jury du Grand Prix des Lectrices de Elle 2013 et a la gentillesse de nous proposer ici son ressenti sur les oeuvres nominées! Si vous avez lu ces livres, ou que vous êtes vous aussi jury de ce prix, n'hésitez pas à partager vos avis en commentaires. Enfin je vous rappelle que vous êtes tous les bienvenus pour proposer ici une critique, quelque soit le type de lecture que vous affectionnez!

Merci Eva!

 

Belle Famille

       La lecture doit, pour moi, être une source de surprise et de découverte. Je commence donc généralement un nouveau roman sans en connaître vraiment l'histoire, me contentant des informations fournies par la quatrième de couverture. Celle de Belle famille ne dévoile quasiment rien et le choc en a été d'autant plus grand. C'est donc volontairement que je cacherai le fait divers qui fut à l'origine de l'écriture de ce livre.

          Dans une préface qui ne semble pas en être une, l'auteur joue avec les notions de vérité, de réalité, de ressemblance et de vraisemblance. C'est de cela, essentiellement, qu'il est question dans Belle famille, à la lumière de quoi le titre du roman prend tout son sens. Parents chirurgiens, enfants bien élevés, dimanches à l'église, vacances en Italie. Il s'agit de sauver les apparences, « de ne jamais succomber à la vérité », comme se le jure la mère de Madec, petit garçon étrange qui ne semble pas appartenir tout à fait à cette famille qui est la sienne.

          En plus d'être une surprise, la lecture doit également être, pour moi, une source de plaisir, et c'est là que le bât blesse. Car lire le dernier roman d'Arthur Dreyfus n'est une activité ni reposante, ni agréable. Peut-être que mon statut de jeune mère m'influence trop dans cet avis, mais sa désacralisation de la figure maternelle aimante et protectrice m'a dérangée. Quant au style, les phrases ont beau être souvent belles, leur rythme s'épuise à force d'italiques trop fréquentes (expressions idiomatiques, mots étrangers, paroles mal comprises par l'enfant) et de périphrases lourdes utilisées pour éviter la répétition des prénoms (« la mère de Madec », « le frère de Laurence »...). Mères farouches, abstenez-vous...