Positivons en ces temps moroses de rentrée : la promiscuité dans le métro a ses bénéfices. Outre une observation approfondie des Franciliens moyens : qui ne se lavent pas, dont le sous-groupe qui ne se brossent pas les dents (ou alors qui petit-déjeunent avec du saucisson???), qui s'habillent "pas terrible" ou "tendance", qui ont une jolie coupe de cheveux, qui pètent (sisi), bref outre l'etablissement de statistiques comparatives précises, j'ai aussi découvert Antoine Bello grâce à un type tellement absorbé par le roman Les Falsificateurs qu' il a failli manquer sa station.

les falsificateurs

Je l'ai emprunté à la médiathèque ainsi que la suite Les Eclaireurs pour l’été. Bilan agréable pour ce millier de pages, malgré quelques longueurs notamment dans le premier roman.

les eclaireurs

 

Sliv Dartungunter en qualité d’agent du Consortium de Falsification du Réel est chargé de modifier l'Histoire en créant ou maquillant des sources de référence, sans toutefois connaître l'identité des dirigeants du CFR ni même son objectif final. On voyage beaucoup et on apprend tout autant pour suivre la carrière de Sliv, du désert des Kalahari à la Sibérie en passant par l'Argentine. Les Falsificateurs traite d'évènements historiques et/ou sociaux juxtaposés tandis que Les Eclaireurs gagne en intérêt en se centrant sur un sujet: les USA du 11 septembre 2001. Au delà de la fiction (on ne croit pas une seconde qu'une organisation telle que le CFR et ses milliers d'agents puisse exister), Antoine Bello dénonce la manipulation d'opinion et les dérives de la société américaine contemporaine. L'essai de Guillebaud la trahison des lumières m'est immédiatement venue à l'esprit en écho au titre de ce deuxième tome.

Un seul regret: les personnages trop caricaturaux qui font la part belle aux clichés.