Lovestar

Les oiseaux migrateurs se trompent de direction, les mouches colonisent Chicago, les papillons monarques s'écrasent au Pôle Nord: résultant des ondes émises par les nouvelles technologies ce désordre environnemental inspire Lovestar, génie mégalomaniaque. A travers l'entreprise qui porte son nom, il relie les hommes par ces ondes invisibles et devient le maître du monde en imposant une société entièrement connectée: "l'homme sans fil". C'est ainsi que le roman de science-fiction d'Andri Snaer Magnason débute. Les hommes n'ont plus besoin de leur liberté de penser puisque tout sera désormais calculé. Libérer l'homme des décisions à prendre, voilà la clé du bonheur.
Notre impact sur l'environnement, l'aggressivité des publicités, la technoïsation croissante... tout en poussant ces concepts à l'excès et les rendant par là absurdes, l'auteur nous interroge tout de même sur notre société, tant il s'agit de sujets d'actualité. Critiques économique, technologique et éthique réussies, avec notamment une personnification bien menée de l'entreprise mondialisée qui devient omnisciente avec le consentement et la participation de tous. Si vous utilisez les objets connectés, vous devriez vous sentir concernés...
Cependant, la complexité un peu brumeuse du destin de Lovestar a fini par me perdre un peu, et en réalité me concernant, l'intérêt du roman apparaît surtout dans la seconde partie: en parallèle et insidieusement l'auteur ajoute des codes de la littérature fantastique: à travers l'histoire d'amour d'Indridi et Sigridur, c'est le mythe d'Orphée qui veut sauver Eurydice de l'enfer, et c'est aussi et surtout l'apparition du grand méchant loup qui redonne du rythme, pour une chute digne d'un film hollywoodien.