La Russie a encore frappé: "Son domaine, c'était les nuages. Sur toute l'étendue immense de l'URSS" : il m'a suffit de lire la quatrième de couverture du Météorologue pour que je choisisse ce roman sur le présentoir de ma médiathèque.

le meteorologue

Et c'est une très bonne surprise.

Olivier Rolin retrace le destin d'Alexei Féodossiévitch Vangenheim, scientifique et membre du Parti qui fut arrêté et déporté sous le régime de Staline. A travers sa correspondance avec sa femme et sa fille on découvre le caractère terriblement banal d'une histoire semblable à celles de milliers d'autres détenus, un homme que l'auteur ne cherche pas à transformer en héros. Sa foi inébranlable dans la justice de son pays, son refus de voir la réalité en face nous exaspèrent même parfois. C'est une des forces du roman que de nous montrer la difficulté de renoncer à croire à l'idéal promis par cette révolution, la fin d'une espérance d'un monde meilleur. Cela ne perdurerait-il pas encore aujourd'hui? L'horreur de cette période est souvent méconnue du grand public, au contraire des crimes nazis par exemple. La description des années qui suivirent la chute du régime et la façon dont ces assassinats ont été maquillés sont d'ailleurs édifiantes.

L'autre force du Météorologue réside dans les procédés narratifs: Rolin mêle avec justesse l'enquête, les faits historiques,la retranscription des lettres ou les sentiments du condamné et joue avec les tons, maniant même l'ironie, pour donner du rythme à son récit.

 

Enfin, je vous laisse découvrir la plus belle partie, la conclusion de ce roman surprenant. J'y ai trouvé beaucoup de résonance.