J’ai l’impression de commencer chacun de mes posts par la même phrase, mais là encore c’est grâce au Monde que j’ai lu Un homme amoureux.

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C’est un gros roman qui se lit sans précipitation. En guise d’autobiographie, l’auteur norvégien nous raconte sa vie de famille et sa récente paternité, avec son lot de questionnements. Un homme qui avoue ne pas s'épanouir en tenant le rôle de père au foyer et qui est dépité par les motifs des disputes conjugales, assumant son alcoolisme festif et dévoilant les petits travers et désagréments de ses proches... Tout en banalisant énormément sa vie et son métier (on y découvre en filigrane une approche intéressante du processus de création littéraire), on referme ces 800 pages en se disant qu'il possède une vraie richesse intérieure, et que ces réflexions très individualistes ont en réalité une portée universelle: la difficulté de vivre en couple sans se perdre soi-même, notre aptitude (et notre appétence) pour la vie en société ou encore le sens que l'on donne à notre vie. Il réussit également à nous ouvrir à la culture scandinave (ce roman est peuplé de noms d’auteurs et d’artistes qui m’étaient complètement inconnus) et aux spécificités de son pays de naissance, la Norvège, et son pays d'adoption, la Suède.

S’interroger sur le sens de ce que l’on fait, l’ennui du quotidien et la recherche d’un destin exceptionnel, la dichotomie entre ce que l’on est et ce que l’on voudrait être : si vous n’êtes pas sujets à cette remise en cause permanente, passez votre chemin; si cela vous parle, ce récit aura au moins pour bénéfice de vous rassurer et parfois de montrer qu’un peu d’indulgence ne nuit pas !