Un article du monde sur le dernier roman de Jean Echenoz et me voilà à parcourir sa bibliographie. J'ai un souvenir particulier de Je m'en vais, est-ce parce que l'attribution du prix Goncourt coïncidait avec mon entrée à Scien-Po, ou bien parce que j'avais suivi avec intérêt l'attribution du Goncourt dont la liste alignait des auteurs connus, ou encore parce que ce roman en particulier m'avait touché? Aujourd'hui encore je ne sais pas bien, en tous cas Des Eclairs avait ensuite confirmé mon intérêt pour cet auteur.

Cherokee

C'est ainsi que je me suis retrouvée à lire Cherokee. Un roman vraiment spécial, à la fois archétype du polar et son contraire. Pas l'ombre d'un indien comme pourrait le laisser supposer le titre mais un jeu de piste dans un Paris des années 80, glauque et peuplé de personnages louches. L'auteur s'attache à poser tous les jalons d'un roman policier mais surprise! Les énigmes n'aboutissent pas, l'auteur semble jouer avec nous en accumulant des changements abruptes qui brouillent toute logique et des situations absurdes. Et pourtant... et pourtant on est embarqué, on ne comprend rien, on se laisse mener par Echenoz et on referme le livre en se disant que la dernière phrase est parfaite et qu'on a passé un bon moment. Incompréhensible.

courir

J'ai ensuite enchaîné avec Courir. Un thème plutôt motivant me concernant et un genre que j'apprécie particulièrement, la biographie. Il s'agit cette fois du parcours d'Emile Zatopek, légende du sport tchèque dont le destin se trouve lié à celui du bloc de l'Est. Le récit trouve dès le départ un équilibre judicieux entre l'Histoire, la fiction et les faits réels, de telle sorte que jamais on ne se questionne sur la crédibilité des situations. Le style est sobre, le rythme rapide (ah ah ah quel jeu de mot foireux) et le propos à la fois léger et intelligent, formant un tout cohérent, contrairement à Cherokee.

Il ne me reste plus qu'à lire Envoyée Spéciale, à l'origine de ces deux découvertes!