On m’avait conseillé avec enthousiasme Robert Merle et notamment Malevil, mais c’est lorsqu’on m’a à nouveau parlé de cet auteur en me recommandant L'île que je me suis lancée : l’inspiration historique m’a plus attirée que la science-fiction.

Lîle-Robert-merle

Tout comme les révoltés du Bounty dont s'inspire ce roman, les marins du Blossom n’ont d’autre choix pour survivre que de s’isoler sur une île du pacifique, emmenant avec eux un groupe de Tahitiens. Les divergences sur l'organisation de cette nouvelle société créent rapidement des tensions... 

J'ai été parfois agaçée par le personnage central qui bénéficie d'une bienveillance un peu trop marquée de la part de l'auteur et la fin n'est pas très réussie. En contrepartie le récit est fluide et la lecture politique m'a rappelée la philosophie d'Hobbes. Reprenant à sa manière son pessimiste "l’homme est un loup pour l’homme", Robert Merle analyse la mise en place d’une nouvelle société, les dangers de l’inégalité, la nécessité d’une force politique respectée.  Un roman toujours d'actualité, où l’on voit que limiter ses libertés individuelles au nom de la liberté collective et du mieux-être général n’est pas une évidence. 

Cette mutinerie a inspiré d'autres auteurs et j'ai très envie de lire la version de Jules Verne, dont le traitement est forcément complètement différent et met sûrement plus l'accent sur l'aventure navale.