Encore un livre issu de la sélection d'Alessandro Baricco -je vais peut-être faire une pause même s'il me reste encore beaucoup d’écrits à découvrir. Je n'avais jamais lu de Fred Vargas (à vrai dire je pensais même  que c'était une auteur américaine) et comme Baricco je lis peu de polars pour une raison qui me semble différente: j'aime retrouver dans mes lectures une sorte de résonance. Or dans un thriller, ce n'est heureusement pas le cas et à peine la dernière page lue, j'oublie l'histoire. Dans Une certaine vision du monde, il met en avant la qualité de l'écriture qui lui fait oublier le genre policier, ce qui a suffit à me convaincre, un jour où je voulais une lecture "absorbante".  

homme+aux+cercles+bleus

 

L’homme aux cercles bleus propose une structure narrative inhabituelle pour ce type de roman, une première partie assez lente bien que fluide pose le cadre et l'intérêt de l’intrigue se met en place tardivement: des cercles bleus sont tracés sur les trottoirs de la capitale, encerclant un objet et signés d'une même phrase mystérieuse: "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors?". J’ai été attirée par le fait que l’action se déroule dans les rues de Paris, et qui plus est dans des quartiers que je connais. Le suspense est maintenu jusqu’à la chute avec un rythme plutôt plaisant.

Non, le véritable problème pour moi se trouve du côté des personnages, sur lesquels le récit s'attarde avec trop d'insistante, tuant ainsi leur crédibilité en quelque sorte. J'ai découvert par la suite que c'est dans ce roman policier que se rencontrent de nombreux protagonistes chers à Fred Vargas, ce qui explique peut être cette sensation pesante. J’ai fait la connaissance de l’énigmatique commissaire Adamsberg et du capitaine Danglard, héros récurrents chez cette auteur, et en fermant le livre, tout en ayant passé un bon moment, je n’avais pas spécialement envie de les retrouver dans un autre roman. Je me suis faite la réflexion que je m’étais plus attachée aux personnages de Franck Thilliez par exemple. 

Anecdote marrante, toujours dans mes recherches post-lecture: Emmanuel Carrère a écrit le scénario de l'adaptation télévisée de ce roman (ce qui me donne envie de la voir, bien sûr).