On a beaucoup parlé d'Article 353 du Code pénal lors de la rentrée littéraire de janvier: en général les critiques étaient plutôt favorables, à l'exception d'une voix au Masque et la Plume. Toujours est-il que c'est l'extrait publié dans Lire Magazine et le fait que ce soit un roman court (il y a des périodes comme ça où je n'ai pas envie de me lancer dans un pavé de 500 pages) qui m'ont décidée.

article353

Je ne vais pas faire dans l'originalité, je l'ai lu d'une traite. Martial Kermeur, à qui rien ne semble réussir dans la vie, se retrouve devant le juge pour un meurtre qu'il reconnaît avoir commis. Sous la forme d'un quasi-monologue, il s'agit pourtant bien d'un roman à suspense, dont on devine très vite que la clé se trouve dans le titre du roman (tan pis pour vous si vous n'avez pas eu cette clairvoyance mais pour moi c'était assez évident, et je me suis battue très fort pour ne pas rechercher ce fameux article).

Quoiqu'il en soit l'auteur réussit le pari de ne jamais nous faire oublier qu'il s'agissait d'une déclaration tout en faisant vivre sous nos yeux la petite communauté d'une ville de pécheurs du Finistère, prise dans les mailles du filet (ah ah ah) d'un promoteur immobilier. En balayant tous les registres du polar au roman social en passant par le drame et même la poésie, soutenu par une narration parfaitement maîtrisée, ce roman est en réalité bien plus dense que son nombre de pages ne le laisse paraître.