Après les trois volumes d'Elena Ferrante, j'avais envie d'un livre court. Or Emma a abordé en classe le thème des explorateurs (Christophe Colomb, Amerigo Vespucci), et je lui ai raconté le tour du monde de Magellan, toute fiérote de la lecture récente de sa biographie. De Stefan Zweig, on m'avait alors conseillé Amerigo.

amerigo

Plus proche de l'essai que de la biographie, Amerigo m'a renvoyée à l'excellent ouvrage de Roger Chartier La main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur. En resituant l'histoire dans son contexte et son époque, de la façon dont s'échangeaient les récits de voyages exploratoires aux erreurs de traduction, Zweig nous explique le malentendu. Mais il ne néglige pas non plus une composante essentielle : Amerigo Vespucci donna à son court récit le titre de Nouveau Monde, quand Christophe Colomb s'entêtait lui à n'y voir que l'Inde ... Ni découvreur, ni usurpateur, mais simplement clairvoyant et visionnaire! On retrouve là aussi la bienveillance de Zweig pour ses personnages. 

L'histoire de ce livre est aussi signifiante: Stefan Zweig l'écrit lors de son court exil sur le continent américain alors que l'Europe est en plein chaos.

J'en profite pour vous signaler actuellement en kiosque un hors-série du Monde consacré à cet auteur. Il offre notamment un éclairage intéressant  sur l'écrivain romantique qu'il fût (au sens littéraire du terme). 

zweig hors série