Un article de Lexpress, l'auteur que je connais, le prix interallié: bien que peu attirée par le roman sentimental, j'ai lu Repose-toi sur moi.

Repose-toi-sur-moi

On entre vite dans ce récit qui croise deux vies: Ludovic le veuf provincial et Aurore la bourgeoise mariée dont le point commun est de vivre dans le même immeuble parisien. Deux êtres que tout semble opposer, pourtant le hasard et la solitude vont bien faire les choses. 

C'est bien écrit, on le lit d'une traite mais honnêtement je n'ai pas été séduite par ce roman. Je ne reconnais pas le Paris décrit dans ces pages, peut être parce qu'en cette saison d'apéros en bord de seine la grisaille de décembre me parait loin et je n'aime pas le stéréotype des parisiens aigris. Rassurez-vous le pessimisme de fond ne s'arrête pas à la capitale car la campagne n'est pas épargnée non plus: polluée par les pesticides cancérigènes, elle a droit à son cliché d'agriculteurs taiseux.  

Ensuite, le dérapage lié à la situation professionnelle d'Aurore va trop loin pour être crédible (j'ai eu l'impression que cette surenchère servait uniquement à donner un second souffle - inefficace- au récit).

Et enfin, c'est très personnel mais je crois que je n'avais tout simplement pas envie d'une histoire d'amour qui dépasse toutes les difficultés.

Mais ne vous arrêtez cependant pas à mon avis, les critiques sont dithyrambiques et je suis sure que ça peut être une lecture d'été agréable: je suis juste passée à côté de ce qui a enchanté la plupart des lecteurs.

Si bien que là, maintenant, en se posant enfin dans sa chambre, après la peur qu'elle avait eue à l'idée de passer la nuit dehors, elle eut tout d'un coup l'envie d'appeler quelqu'un, elle ne savait pas qui, une voix à l'autre bout du fil qui simplement lui réponde, une voix qui la rassure, une voix qui sache trouver les mots, même à minuit passé, une voix qui lui ferait ce don insensé de tout écouter, et qui à distance saurait l'apaiser, lui dire qu'elle allait bien dormir malgré ce lit froid. Elle songea à appeler Richard, mais ce soir il était à ce showcase qu'ils sponsorisaient, elle ne se sentait pas de débarquer dans sa sphère par un coup de fil, pour se plaindre, lui demander de l'aide, depuis Londres qu'est ce qu'il pourrait faire pour elle? Parfois, à des petits carrefours inattendus de la vie, on découvre que depuis un bon bout de temps déjà on avance sur un fil, depuis des années on est parti sur sa lancée, sans l'assurance qu'il y ait vraiment quelque chose de solide en dessous, ni quelqu'un, pas uniquement du vide, et alors on réalise qu'on en fait plus pour les autres qu'ils n'en font pour nous(...). Ils sont rares ceux qui donnent vraiment, ceux qui écoutent vraiment.