joseph-sous-la-pluie

Quand Quentin m'a offert ce livre il m'a prévenue: "je ne sais pas si tu vas aimer c'est assez sombre", j'ai donc attendu un peu et je l'ai lu en fin de vacances. C'est un recueil éclectique, composé d'un court roman qui donne le titre à l'ouvrage, de poèmes, de textes inédits et de dessins. De Mano Solo je ne connaissais que quelques chansons, je me suis prise une bonne claque en découvrant ces écrits très intimes.

Sans aller jusqu'à dire que l'écriture très masculine et violente de Joseph sous la pluie m'a plu, elle est incontestablement une clé de lecture des hommes pour la femme que je suis! La structure du récit est une métaphore filée de la dérive: seul sur son bateau, Joseph choisit de larguer les amarres et de laisser le destin décider si ce voyage sera un suicide ou un retour à la vie. Entre intempéries et alcool, Joseph laisse libre court à son désespoir et ses regrets amoureux: si fuir n'est pas si difficile, aura-t-il le courage de revenir?

Les textes "en vrac" laissent surtout éclater la violence et semblent se limiter à cela, faute d'un assemblage cohérent et les dessins ne trouvent pas vraiment leur place dans le format poche qui ne permet pas de les appréhender avec recul, et de fait j'ai le sentiment de les avoir survolés.

Beaucoup plus lumineux sont les poèmes , il y a du Prévert, parfois un peu d'Apollinaire aussi et une vraie création poétique, un retour vers la vie qui m'a touchée.

 Je me réveille 

tout habillé

j'ai dormi quinze heure

il fait vraiment chaud

et j'ai envie de rien

je pense un peu à toi

mais tout s'estompe

j'ai pas besoin d'amour

ce matin

je ferais mieux d'aimer la vie.

***

Si tu savais

combien j'aime la vie

quand je regarde tes yeux

même s'ils disent adieu

si tu savais

combien j'aime la vie

à en mourir. 

***

En bas de la tour Eiffel

il pleut des pastèques

Qui explosent en poussant

Leur dernier cri

Adieu pépins!