En plus de Joseph sous la pluie, je suis partie en vacances avec une sélection très estivale et légère.

Sélection été

On commence par un roman pour ceux qui rêvent d'étoiles:  (#194) Danser d'Astrid Eliard. Ca faisait longtemps que je voulais le lire et il est désormais disponible en poche. Je pense qu'il parlera plutôt aux lectrices puisqu'il s'agit des parcours croisés de trois jeunes élèves de l'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris. Excellent écho aux livres jeunesse 20, allée de la danse que je lis toujours avec plaisir avec Emma, Astrid Eliard nous ouvre les portes d'une des plus prestigieuses école du monde. C'est surtout un roman tout en finesse sur l'adolescence, cet âge où tout se bouscule.

L'adolescence, c'est justement le thème du dernier recueil de nouvelles de Claire Castillon, un auteur que j'aime beaucoup. Encore une fois elle réussit avec brio et mordant à décrire en quelques pages des instantanés de cette période si particulière et pourtant tellement importante dans notre construction personnelle. Si les parents d'ado le liront avec encore plus de délectation, je me suis souvent reconnue dans (#195) Rebelles, un peu et j'ai beaucoup souri en le lisant.

Là où j'ai carrément ri, c'est en lisant (#196) Tout un été sans facebook de Romain Puértolas, découvert grâce à l'émission Le Masque et la Plume. Dans la même veine que L'ours est un écrivain comme les autres, on y retrouve tous les codes de l'humour décalé. L'histoire elle-même est accessoire et même si l'intrigue tient la route, c'est surtout l'imagination débordante et déjantée de l'auteur qui est entraînante. Mise au placard dans un commissariat perdu dans l'Amérique profonde, Agatha Crispies passe ses journées à engloutir des donuts en essayant de faire vivre son club de lecture. Un jour un homme est retrouvé mort dans sa baignoire: enfin un peu d'action pour la policière au parfait profil d'anti-héros. En plus de nous faire rire, l'auteur révèle sa passion de la littérature et nous donne envie de (re)lire nos classiques (sauf James Joyce qui fait l'objet d'un excellent running gag)!

Pour l'instant je m'en sors bien dans mes transitions, on passe donc du polar drôlissime au thriller exaltant avec (#197) Les garçons de l'été de Rebecca Lighieri, recommandé par Le Monde. Un père paisible, une mère attentionnée, deux garçons beaux comme des dieux, intelligents et passionnés de surf et une cadette discrète: une famille modèle? Lorsque le drame survient, les apparences se fissurent... Par le biais des alternances de narrateurs les failles se révèlent peu à peu et ce presque huis-clos familial monte efficacement en tension et en suspense. Seul regret, un dernier chapitre trop long qui alourdit la chute.

On poursuit avec le dernier roman de mon cher Mario Vargas Llosa . Il fait partie de ces auteurs qui ne me déçoivent jamais, dont on retarde presque la lecture dans la certitude de passer un bon moment. Mon livre préféré restera toujours Tours et détours de la vilaine fille, néanmoins il parvient encore une fois à me charmer par sa dextérité à entremêler politique, société et intimité, le tout porté par une écriture fluide. Plus léger que ses romans précédents, (#198) Aux cinq rues, Lima met à nouveau en scène un entrepreneur péruvien confronté à la corruption, au chantage et à l'insécurité. En reprenant le même décor, Mario Vargas Llosa témoigne de la réalité de la situation au Pérou et n'est pas sans rappeler l'actuel scandale d'Odebrecht, dans lequel l'écrivain n'hésite pas à prendre parti. Mais ce n'est pourtant pas une répétition du Héros discret car si l'amitié se révèle encore une fois salvatrice, elle cache ici une histoire sous-jacente plus sensuelle, donnant au roman un tour érotique réjouissant.

On termine avec une revue achetée à la gare le premier jour des vacances: La santé & la médecine, Soigner hier et aujourd'hui, Réparer demain, Hors série le Monde (#199). Il faut bien 185 pages pour cette grande traversée de la santé et de la médecine, analysées sous des angles à la fois sociaux, politiques et scientifiques, chacun ayant un impact sur les progrès réalisés en la matière. Le regard historique est aussi intéressant que les enjeux actuels ou la projection dans le futur. Brillant et éclairant de la première à la dernière page!