De Jean-Christophe Rufin, bien avant la création de ce blog, j'avais lu Globalia et Rouge Brésil (qui m'avait moins plu, il faudrait que je le relise). J'aime la fluidité de ses récits et la richesse de sa culture mais un peu moins l'éxagération romanesque de son écriture: c'est un avis très personnel, j'apprécie de plus en plus les textes minimalistes, allégés des scories lyriques. 

lecollier rouge

C'est une discussion entre mes parents qui a remis cet auteur sur mon chemin: mon père m'assurant que j'allais lire Le collier rouge en deux heures (quand il me prête un livre il me dit toujours une phrase de ce style: "oh toi tu vas le lire en deux heures/ une journée/ une soirée". Ce temps de lecture est un gimmick entre nous qui remonte à mon tout premier roman: il avait lu Crin-Blanc en une demi-heure tandis que j'y avais passé la journée du haut de mes sept ans).

Mon père me précise qu'il l'a lu presque d'une traite, que c'est très captivant, que c'est l'histoire d'un soldat de la première guerre mondiale emprisonné pour une affaire que l'on va découvrir au fil du roman et de son chien qui l'attend dehors.

Ma mère fait la moue:  "mouais, le récit n'est pas exceptionnel non plus".

Mon père s'enflamme un peu: "mais si, c'est génial!". Ma mère, plus diplomate, précise que ce sont les personnages qui font vraiment la valeur du roman, que l'écriture est plutôt banale. Bien qu'ayant trouvé ce point d'accord sur la psychologie des trois principaux protagonistes ("Le chien! Le chien est super bien décrit!"), mon père bougonne un peu. 

Moi je les écoute défendre leur point de vue, l'obstination de mon père me rappelle sa façon de m'expliquer les opérations de mathématique (quand je n'avais pas compris il répétait la même chose mais PLUS FORT, on sait jamais au cas où mon manque d'esprit logique ne serait dû qu'à une surdité précoce?), tandis que ma mère fait preuve de son sens pédagogique habituel (sans avoir à recopier pour autant cinquante fois le mot "d'abord").

Bref, je lis Le collier rouge en deux heures (bravo Papa) et j'envoie un message aux deux:

Armelle: "Je rejoins Maman: l'histoire n'est pas dingue et un peu cousue de fil blanc mais les personnages bien ciselés".

Papa: "Quand même il faut le faire: s'inspirer d'un ancien poilu qui ... (spoiler)..."

Maman: "Merci Armelle"

Armelle: "Oui la postface est chouette. En fait ça aurait été bien d'en faire une nouvelle. Franchement on a compris qu'il faisait chaud, non? Et vas-y le ciel bleu/ indigo/limpide. La transpiration/ la sueur/ la sieste/ la torpeur des gens reclus... Il fait chaud, non? :D"

Papa: "Et un gardien pour un prisonnier."

Papa: "moi j'ai aimé." (vous avez dit persévérant?)

On attend désormais l'avis de Soeurette (et le votre) pour départager les voix.