Sur le nouveau roman de Maylis de Kerangal, j'avais lu des critiques élogieuses et entendu des avis négatifs... Quand je l'ai reçu en cadeau d'anniversaire, j'étais ravie: j'allais pouvoir me faire mon opinion et puis surtout je garde un très bon souvenir de Réparer les vivants

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Dans Un monde à portée de main, on suit le parcours de Paula, jeune femme indécise qui se lance dans des études artistiques un peu par hasard. 

Fidèle à son style, Maylis de Kérangal nous plonge dans le monde de la peinture avec son attachement particulier au détail. Seulement voilà, là où dans Réparer les vivants l'extrême précision de la procédure technique du don d'organe était au service de l'émotion et de l'éthique, cette fois-ci l'effet est raté. La profusion sémantique sur les pinceaux, les matières et les couleurs - jusqu'aux noms des rues: "Parme" et "Métal"! - semble être posée "à côté" de l'histoire. Une fois passé le prolepse complètement inutile et la première partie dont j'ai allègrement lu en diagonale certains paragraphes techniques, la seconde partie s'est avérée plus agréable. 

Dommage, ce livre aurait mérité d'être allégé en couleur et plus travaillé car l'intention est très intéressante : le parcours initiatique de cette jeune fille allié au thème du trompe-l'oeil, de la créativité et du retour aux origine de l'art aurait dû donner lieu à un récit bien plus profond. L'idée de l'expression de soi dans un cadre contraint est forcément porteuse d'un message plus universel que ce roman, d'autant que l'écriture de Maylis de Kérangal reste majestueuse.

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