Hop hop, je rattrape mon retard!

La phrase d'accroche de la critique du Monde a été efficace : "La pâtisserie, dit-on, apaise l’âme. Peser, mélanger, pétrir, faire lever, enfourner… Et si ces simples gestes étaient les antidotes les plus efficaces aux douleurs enfouies ?". Parce que cette "femme, en proie à l’insomnie" qui "prépare des gâteaux jusqu’au lever du jour" m'a immédiatement rappelé quelqu'un, j'ai téléchargé Au premier regard sans hésiter.

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C'est un livre court et d'une fluidité inversement proportionnelle à sa complexité psychologique.

Depuis que son mari s'est suicidé sans laisser d'explication après quelques mois de mariage, elle se contente d'amants passagers sans jamais pouvoir s'endormir à leurs côtés. Alors, elle se lève et cuisine: la matière réinvestit le temps et l'espace.

Avec une grande subtilité ce texte dit tout des distorsions révélées lors des ruptures amoureuses, des sentiments de trahison et d'abandon refoulés derrière un corps-rempart. Peu à peu, entre les lignes, à l'image des non-dits qui hantent la narratrice, le stoïcisme de façade se fissure, préfigurant une hypothétique renaissance: retrouver la confiance en soi nécessaire pour s'autoriser un attachement sentimental. Margriet de Moor suggère plus qu'elle ne décrit et parvient ainsi à créer une atmosphère de tension et de fragilité absolument remarquable.

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#instatcat #instabook: le making off 🙈

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