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Tout le monde connaît Virginie Despentes. Moi je l'ai découverte avec Baise-moi pendant mes études, j'avais tout simplement détesté, je n'en garde que le souvenir de beaucoup de vulgarités pour pas grand chose. J'ai réitéré avec Apocalypse bébé, et là encore je l'avais terminé avec peine. Je dois dire que les interventions médiatisées de l'auteur n'aident pas : je la classe dans la même catégorie que Houellebecq (dont on dit quand même qu'il fait exprès d'écrire de façon inintéressante pour que cette écriture soit le reflet de sa vision désabusée du monde => l'arnaque quoi).

Alors pourquoi le choix de Vernon Subutex? Eh bien Stéphanie, à bout de patience de me le conseiller sans parvenir à me le faire lire, me l'a offert. 

"Ca n'avait jamais été un groupe qui l'intéressait. Mais l'amitié fait ça: on apprend à jouer sur le terrain de jeux des autres." (in Vernon Subutex , p.21)

Verdict: lu d'une traite, le récit est rythmé, les personnages bien que caricaturaux sont trés bien saisis, au point où, malgré leur nombre, on ne se perd jamais. Les liens entre chacun d'eux sont amenés avec beaucoup de subtilité tout en suivant la déchéance de Vernon Subutex qui vient de perdre l'unique source de ses revenus avec le décès de son pseudo-ami Alex, un rockeur célèbre.

J'ajouterai aussi que pour moi l'énigme fonctionne: j'ai vraiment envie de savoir ce que contient l'enregistrement des confidences de la star sur lequel tout le monde cherche à mettre la main!

Il y a forcément un "mais" à cette critique : le roman est quand même un peu trop dark pour moi dans ce monde parisien très Zarcaïen à mille lieux du mien, les hétéros, hommes comme femmes, sont pathétiques et seules les lesbiennes s'en tirent à bon compte. Du Virginie Despentes tout craché. Mais comment ne pas se dire que ce féminisme exarcerbé et violent, qui n'est pas le mien, n'est pas légitime, voir nécessaire, dans un combat encore loin d'être gagné, pour les femmes comme pour les homosexuels? Alors si un anti-héros du nom de Vernon Subutex peut amener sa part de prise de conscience, pourquoi pas!

Sur le thème du féminisme, j'en profite pour vous conseiller la pièce de théatre Et pendant ce temps Simone veille, une comédie pas si légère qu'elle n'y parait sur l'évolution de la condition féminine en France (avec le rappel qui tue: l'homosexualité était considérée comme une maladie en France et par l'OMS jusqu'en 1992!).

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