Il arrive parfois qu’on me dise « j’ai entendu parler de Russie, j’ai pensé à toi » : je pense que mon attrait pour ce pays étonne tellement il est incongru (rien ne me prédestinait à cet intérêt) et assez marqué : moi-même je suis toujours surprise de l’effet que me fait le simple nom de ce pays-continent. Je n’ai toujours pas percé le mystère de cette passion apparue tardivement, même si je sais que les paradoxes de ce pays résonnent en moi. La Russie se mérite comme me le démontre encore une fois en ce moment la complexité administrative d'une destination qui, à de rares exceptions comme St Petersbourg, ne compte pas sur le tourisme "capitaliste". 

Cette trop longue introduction pour expliquer le message reçu un matin de Marie :

"Trouvé dans la boite à livre, je te l'ai pris" accompagné de la photo du roman.

IMG_20190602_112030

 

Bonne pioche, j'avais beaucoup aimé Makine.

Malheureusement, j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans Une femme aimée et je ne l'ai vraiment apprécié qu'à partir de la seconde moitié, ce qui fait long pour un livre de 384 pages.

Un cinéaste tente de raconter à travers son projet de film le destin de la Grande Catherine à deux époques de sa vie, celle de la Russie communiste et la Russie post-soviétique. Le croisement de ces trois périodes historiques est un point de vue intéressant sur l'évolution politique du pays mais cette superposition me laisse un sentiment de frustration et d'incomplétude. L'histoire de la Tsarine est trop dissolue dans le récit du narrateur dont les tribulations personnelles et les allusions psychologiques un peu faciles (il est d'origine allemande) ne m'ont pas captivée.