J'ai profité de mon séjour dans le sud pour y laisser le bouquin que je venais de terminer et en commencer un autre. Comme je n'avais pas ma liseuse, mon père m'a conseillé Piranhas, ce qui tombait à point puisqu'on venait de parler de politique italienne en famille et que depuis l'entrée au gouvernement de Salvini c'est un sujet qui revient facilement avec Marie.

Je n'avais jamais lu Roberto Saviano, probablement parce que la couverture presse de cette intellectuel italien est suffisamment bonne en France pour que je n'éprouve pas le besoin de lire ses fictions.

De fait j'ai eu tort car en plus d'être bien écrit et entraînant, ce récit d'une bande de gamins motivés par l'un d'entre eux à entrer dans le système mafieux de Naples est d'une lucidité implacable. Mu par un désir de liberté, la trajectoire du jeune Nicolas explique parfaitement le verrouillage qui s'opère dès le début. 

J'y ai aussi trouvé une certaine forme de leçon sociale très actuelle (l'homme est un loup pour l'homme) et aussi étonnamment personnelle quand on se sent parfois assujetti aux pressions extérieures. Cette lecture ravive tout à la fois le sentiment de révolte, la conscience politique et l'envie d'échapper au réel.

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(Zeus, chat stressé)