J'ai immédiatement téléchargé Oublier Klara d'Isabelle Autissier après avoir lu l'élogieuse critique du Monde, d'autant que le roman se déroule dans la fascinante région de la Carélie russe.

J'ai des sentiments très contradictoires sur cette lecture qui entremêle plusieurs thèmes: les destins de trois générations d'hommes d'une même famille, dont la femme/ mère/ grand-mère a disparu après son arrestation par la milice stalinienne; la vie de cette femme, Klara, en tant que détenue; enfin un récit où l'on se reconnecte aux éléments: les oiseaux et la vie à bord des chalutiers, ces passages de quasi-suicide renouvelé à chaque embarquement étant sans conteste les plus authentiques.

Le problème c'est que le roman ne fait que 322 pages et chacun de ces sujets laisse un goût d'inachevé (et particulièrement la dimension psychologique des personnages aurait pu être plus subtile), mais c'est surtout l'écriture qui m'a bloquée: le style beaucoup trop scolaire voir prétentieux manque de fluidité. J'ai par exemple noté plusieurs répétitions de certains termes pompeux... Heureusement la structure romanesque indéniable du roman fait que j'ai malgré ces défauts été embarquée dans l'histoire, d'autant plus que je l'ai lue à Moscou, à l'ombre des peupliers du parc Gorki ou sur un banc du parc VDNKh.

Il faut aussi dire que sur ces thèmes il existe déjà des romans tellement époustouflants qu'Oublier Klara est forcément pénalisé par la comparaison (Le troublant roman Le Grand Marin sur la vie de pécheurs dans des conditions extrêmes, l'exceptionnel Météorologue concernant les camps stalinien).

 

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