Je reconnais qu'en ce moment je lis beaucoup, ce n'est pas synonyme de temps libre, bien au contraire. Quand j'ai le cerveau en ébullition comme c'est le cas actuellement au travail, j'ai une sorte d'hyperactivité intellectuelle et seule la lecture me permet de vraiment faire retomber ce stress...

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La Mer à l'envers est le deuxième livre que m'a offert A. : "un roman sur les réfugiés écrit par une femme, c'était une évidence". Ce que je ne lui ai pas dit, c'est que quelques jours plus tôt les critiques du Masque et la Plume avait été partagés sur ce roman, du coup j'étais encore plus contente de le recevoir pour me faire un avis par moi-même. 

En croisière avec ses enfants, Rose se demande si elle doit se séparer de son mari alcoolique ou déménager en famille en Province quand le débarquement de migrants vient bousculer la vie réglée du paquebot. Spontanément elle donne à Younès le téléphone de son fils... 

Je l'ai lu très facilement et je lui pardonne de ce fait son excès de sentimentalisme, sa chute vraiment ratée et l'histoire peu crédible. Parce que le véritable intérêt repose sur la psychologie du personnage principal (la "mère" à l'envers) : les états d'âme des quadragénaires sont au coeur de ce roman. Entre renoncements et contradictions, Rose, c'est un peu de nous (enfin de moi en tous cas) dans sa quête de sens. En filigrane Marie Darrieussecq arrive à exprimer avec beaucoup d'humour ce malaise qui m'étreint un peu trop souvent sur l'utilité de ma vie (je progresse: quand j'étais gamine, je me disais que ça ne valait pas la peine de vivre si on était pas DANS les livres d'Histoire - l'élitisme me guettait déjà) et surtout sur notre contribution à une meilleure marche du Monde. 

Clandestino