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27 octobre 2026

# 517 Le discours de la panthère, Jérémie Moreau

Ma soeurette lit beaucoup de romans graphiques contrairement à moi (je ne suis pas sensible aux dessins dans ce contexte, j'ai du mal à associer traits graphiques et narration), aussi quand elle a insisté pour que je lise Le discours de la panthère, j'ai suivi son conseil.

 

Six scénettes portées par des animaux Totem pour répondre à une question: notre raison d'être sur Terre.
Sur le fond, chacun trouvera dans ce petit précis de philosophie de quoi nourrir sa réflexion personnelle. Avec une grande subtilité, Jérémie Moreau convoque des références universelles qui permettent de parler à toutes les générations: les Fables de la Fontaine (la morale en moins), Disney (la mignonnerie et l'intrépidité des bestioles), la mythologie (Icare, L'Arche de Noé...).
Sur la forme, les couleurs et les dessins sont très beaux même si j'ai dû forcer mon inclinaison naturelle pour intégrer les pages sans texte dans mon rythme de lecture.
Un très beau livre à (s')offrir.
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26 octobre 2026

# 517 Le Plus Petit Baiser jamais recensé, Mathias Malzieu

Philippe est parti à la retraite, sa librairie a été reprise cet été et il me tardait de faire connaissance avec le nouveau libraire, d'autant que ses publications sur les réseaux sont intéressantes. Il donne notamment son avis sur l'actualité politico-littéraire et je trouve ça rafraîchissant, à l'heure où ce type de communication est de plus en plus lisse - voir insipide.

Jonathan aime la poésie, c'est pourquoi il me propose Le Phare de l'impossible (qui porte bien son titre puisque pour l'instant, impossible d'accrocher, je le reprendrai plus tard), et en "livre de poche de son choix", Le plus petit baiser recensé, car me dit-il, "Mathias Malzieu c'est le Brautigan français". Cette référence littéraire (ajoutée au fait que c'est depuis longtemps un des écrivains préférés de ma Tata Lucie et que je garde un très joli souvenir de son concert à Juvisy) m'a convaincue de lui accorder enfin à nouveau du temps de lecture!

C'est un livre court, très poétique, avec plein de trouvailles fantastiques. J'en avais pressenti la chute, mais peu importe, ce fut un bon moment de lâcher prise pour entrer dans le monde extravagant du narrateur. J'ai été sensible aux néologismes amusants et à son espièglerie, et je dois dire que je m'y suis parfois retrouvée, moi qui m'imagine souvent l'"anima" des objets, végétaux ou bêbêtes qui m'entourent.

7 octobre 2026

# 516 La Bagarre, Lauren Groff

Vous manquez de motivation pour vous lancer dans la lecture d'un roman conséquent? Vous avez envie d'un récit court, rythmé et bien écrit? J'ai la solution : le recueil de nouvelles La Bagarre de Lauren Groff.

Découvert grâce à un article du Monde, cette écrivaine américaine m'a séduite avec ces sept histoires dont le point commun est l'instant de bascule où les (très) différents personnages doivent prendre une décision dans leur vie. Culture familiale, promesses, contradictions, doutes: tous les aspects des ces instants qui déterminent un destin sont abordés, sans jamais imposer une vérité. Pour osciller avec autant de justesse entre audace et lâcheté, Lauren Groff s'appuie sur une écriture vivante et un sens du détail aiguisé, plaçant toujours le lecteur à s'interroger sur "et moi, qu'aurais je fait?". 

Une bagarre intérieure permanente.

7 octobre 2026

# 515 Tuer le vieux, Daria Marx

Par une succession de coïncidences dont je vous épargnerais le détail, j'ai lu Tuer le vieux de Daria Marx, un premier roman qui traite de l'inceste et bien accueilli par la critique littéraire de cette rentrée. 

Je suis assez réticente au récit catharsis dont il a toutes les caractéristiques, je n'ai donc pas eu de coup de cœur pour cette lecture mais je dois reconnaitre que pour les lecteurs qui apprécie le style de Virginie Despentes (dont elle partageait l'affiche à la Maison de la Poésie il y a quelques jours), je vous le recommande. Le style est abrupt, à fleur de peau donnant à la narration un rythme équivalent à celui de la respiration de la protagoniste: l'écriture et le souffle se confondent de manière très étonnante et réussie.

 

 

 

28 août 2026

# 514 Le Palais, François-Henri Désérable

Je saute dans la 17ème année de ce blog avec u

n auteur que j’aime beaucoup : François-Henri Désérable, le hockeyeur devenu écrivain après avoir découvert la littérature à 18 ans. Je précise ce CV parce que quiconque manque de second degré pourrait prendre son éloquence et sa culture pour de la pédanterie, là où j’y vois moi une urgence à rattraper le temps perdu, celui de l’adolescence où je pouvais m’enfermer des heures avec Zola, Steinbeck ou Dumas.

Nous partageons le même goût pour certains auteurs contemporains : Miguel Bonnefoy, Emmanuel Carrère, Jean Echenoz… et j’aime son humilité, son sens de l’ironie et son écriture facétieuse qui mettent de la légèreté dans ses propos très documentés.

Avec Le Palais, François-Henri Désérable reste dans la veine historique qui fait sa signature en nous racontant l’histoire des vignobles, et en premier lieu celui de la Bourgogne, et les subtilités de l’œnologie à travers son personnage principal Arun, doté d’un palais absolu. La première partie a des airs d’un manuel type « Le Vin pour les Nuls » émaillé d’anecdotes réjouissantes.

Puis, la narration prend l’allure d’un roman à suspense, on part à New York où se déploie une intrigue inspirée d’un fait réel…

Ce roman m’a captivée, je n’ai pas vu passer les deux fois cinq heures de mon trajet en train et je rejoins les critiques positives sur ce livre où François-Henri Désérable laisse une large part à la fiction. J’ai aussi apprécié les références littéraires, l’analogie avec Le parfum ou le Comte de Montecristo, les détails personnels : la galerie vénitienne, le match de hockey, mais aussi l’anagramme du personnage El Baresed qui porte sa voix naïve. La société du paraître en prend un coup, jusque dans le dénouement qui m’a surprise et nous enjoint à faire preuve d’ouverture d’esprit et de curiosité.

 

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12 août 2026

# 513 Piranèse, Susanna Clarke, Trad. Isabelle D. Philippe

Après deux romans denses et sur les conseils de mon adorable voisine Catherine, je me suis lancée dans la lecture d'un récit onirique : à la croisée des chemins entre fantastique, mythologique et magique, Piranèse nous plonge dans un autre Monde.

Les première pages demandent une certaine concentration et il faut aimer les narrations descriptives, mais une fois cet effort effectué, on se laisse guider par le narrateur Piranèse dans le Palais, un lieu étrange, immense et balayé par les flots. En dehors de ses deux rencontres hebdomadaires avec l'Autre, il occupe ses journées à consigner dans ses carnets la description minutieuse des vestibules et des statues qui les peuplent.

La personnification du lieu et des objets et les références mythologiques nombreuses créent une atmosphère poétique avant de basculer sur une intrigue psychologique.... que chacun interprétera selon sa sensibilité! 

Un joli roman très original sur l'emprise mentale, Piranèse étant le nom d'un architecte italien célèbre pour ses dessins de Prisons Imaginaires!

10 août 2026

# 512 La maison vide, Laurent Mauvignier

Depuis sa sortie, j'avais envie de lire La maison vide de Laurent Mauvignier car mon libraire désormais retraité m’avait assurée que le prix Goncourt n’était pas usurpé (c’est lui qui m’avait fait redécouvrir cet auteur avec Histoires de la Nuit). J’ai attendu la traditionnelle transhumance familiale des livres et la période de congés pour me plonger dans ce pavé de 750 pages.


Une fois réhabituée au style très particulier de Mauvignier – l’abondance de détails perturbante au départ me donne ensuite l’impression physique d’être porté par ce fleuve narratif – j’ai été totalement embarquée par la saga familiale de l’auteur.

A partir de faits réels et en toute honnêteté avec le lecteur, Mauvignier comble par la fiction les vides de son histoire familiale. Au-delà de sa quête intime, l’intérêt réside dans le point de vue retenu qui est celui de femmes provinciales. Dans les pas de son arrière-grand-mère Marie-Ernestine et de sa grand-mère Marguerite, on traverse avec lui les Première et Seconde Guerres mondiales. Et c’est là où le talent littéraire de Laurent Mauvignier transforme une chronique familiale en véritable œuvre littéraire portée par des personnages subtils et nuancés. La narration brillante assemble les pièces du puzzle fait surgir l’inattendu alors même que la fin est connue dès l’introduction. J'ai refermé le livre à regret tant j'aurais moi aussi voulu sauver Marguerite… Pari réussi pour l'auteur qui tenait par ce roman à sortir du silence son aïeule!

4 août 2026

# 511 Tout ce que j'aimais, Siri Hustvedt, Trad. Christine Le Bœuf

Je n'avais jamais entendu parler de Siri Hustvedt avant la sortie de son dernier ouvrage. Les articles dithyrambiques à son sujet et la mention de sa relation avec Paul Auster ont aiguisé ma curiosité. De fil en aiguille, je suis tombée sur un commentaire concis d'une personne soulignant la forte impression que lui avait fait la lecture de son roman Tout ce que j'aimais. Cela a suffit pour que je l'emprunte à la bibliothèque. Il date de 2003 et préfigure selon moi tout ce qui a ensuite été analysé dans son œuvre, à savoir le lien entre le corps et l'esprit, entre neuroscience et psychologie, Siri Hustvedt ayant poussé si loin ses réflexions et investigations qu'elle est depuis 2010 invitée en tant que conférencière dans des congrès médicaux.

Le narrateur, un professeur d'art, se lie d'amitié avec un artiste new-yorkais : c'est le point de départ d'une histoire dont le fil directeur reste leurs trajectoires de vie professionnelles et personnelles. Si l'amitié, l'amour et les liens familiaux, de sang ou de cœur occupent une grande partie du récit, l'autrice propose également une réflexion sur l'art et sa marchandisation (qui m'a rappelée l'essai récemment lu sur Les figures d'autorité). Elle nous offre également des échappées éclairées sur les travaux de Charcot concernant les hystériques. Cela pourrait paraître hors sujet alors qu'en fait dans la narration tout prend sens tant le sujet du fonctionnement de l'âme humaine imprègne son écriture.

La complexité, la subtilité et la grande sensibilité de Tout ce que j'aimais en font une lecture résolument marquante pour moi. Dense, exigeant et introspectif il nécessite cependant de la disponibilité intellectuelle et un certain espace mental.

 

25 juin 2026

# 510 Les prénoms, Florence Knapp

Juste avant mes vacances, j'ai lu Les Prénoms mis en avant sur le présentoir principal de ma médiathèque, un premier roman de Florence Knapp, best-seller au Royaume-Uni. Honnêtement je ne sais pas si je suis hermétique à ce type de littérature ou si c'est la couverture médiatique qui a engendré l'engouement plus que la qualité intrinsèque de l'ouvrage, en tous cas je me suis rapidement copieusement ennuyée.

Au moment de déclarer son enfant une mère hésite entre trois prénoms : Gordon, pour perpétuer la tradition paternelle ultra conformiste et qu'elle déteste; Julian, le prénom qu'elle affectionne ou Bear, proposé par sa fille et manifestement extravagant. 

L'idée de départ est intéressante:  trois trajectoires de vie se dessinent en fonction du choix, pas uniquement par l'impact d'un prénom sur une personnalité mais aussi et surtout le reflet de l'émancipation de la mère du joug patriarcal.

Malheureusement les chapitres entrelacés de chaque destin ralentissent le rythme et surtout les personnages sont trop stéréotypés et manquent de profondeur. Cette absence de nuance se reflète également dans la narration rendant chaque histoire prévisible et improbable.

 

17 juin 2026

# 508 Victor Hugo vient de Mourir, Judith Perrigon

Je suis tombée par hasard sur ce roman mis en avant à ma médiathèque, j'aime bien les éditions de L'iconoclaste, Le nom de l'auteur me disait vaguement quelque chose - et pour cause c'est elle qui a assisté Gisèle Pelicot dans l'écriture de son livre et j'ai toujours trouvé passionnant l'histoire du 19ème siècle. 

Je dois dire que je suis passée à côté de ce roman: en poussant jusqu'à l'obsession le souci du fait réel et du détail, Judith Perrignon n'a pas réussi à m'embarquer dans ce récit. Pourtant tous les éléments sont bien présents pour en faire un grand roman: l'enjeu politique autour des funérailles nationales d'une icone populaire.

Une lecture à réserver à ceux qui prennent plaisir à éplucher des archives de la préfecture de Police.

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