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26 janvier 2026

# 499 Petit traité sur l'immensité du monde, Sylvain Tesson

Ma soeur m'a offert la nouvelle édition de Petit traité sur l'immensité du monde de Sylvain Tesson: elle est cartonnée et augmentée de dessins de l'auteur.

 

Que dire, sinon que j'aime l'élégance et l'éloquence de Sylvain Tesson? Il y a dans cet essai une manière d'être au monde qui nous invite à mettre de la poésie dans notre quotidien, une invitation à la fois à l'action et à la méditation: on a envie d'escalader les cathédrales, de dormir dans les arbres, de fuir dans les forêts de Sibérie... Découvrir ce texte 20 ans après sa première parution amplifie ce sentiment d'authenticité qui quoi qu'on en dise émane de cet auteur. Et témoigne aussi de la rapidité avec laquelle l'opinion publique peut faire un procès d'intention à un auteur dont il serait bien de reconnaître une certaine lucidité: les deux pages éminemment féministes, écrite avant le mouvement "me too" méritent d'être mises en avant.

Plus généralement et personnellement, ce mois d'immobilité forcée m'a permis de reprendre un rythme de lecture plus soutenu, il paraît que je suis beaucoup plus calme et posée, j'avais oublié à quel point les livres sont importants pour ma santé. J'espère ne pas avoir besoin d'une autre fracture pour m'en souvenir!

 

 

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19 janvier 2026

# 498 La bouche dans le sable, Kévin Thiévon

Je n'aurais probablement pas lu La bouche dans le sable si je n'avais pas été à la rencontre organisée par la Librairie les vraies richesses avec Kévin Thiévon. En mettant à l'honneur les romans de la rentrée littéraire moins exposés médiatiquement, le prix Piaf que Philippe organise chaque année donne lieu à de soirées d'échanges un peu hors du temps entre les lecteurs et les auteurs et permet souvent de découvrir des maisons d'éditions plus confidentielles. Il se trouve que j'étais particulièrement intéressée par la lecture d'un livre édité par le Bruit du monde car j'ai un lien de parenté avec Adrien Servières, son co-fondateur.

Le Luna Park d'Antibes sert de décor à la croisées des histoires de Zelda, Marwan et Sergio, avec en fil conducteur l'histoire irakienne de 1988 à 2014. La quête de soi, la recherche de son identité, les liens amicaux sont au cœur de ce premier roman assez réussi et porté par la réalité historique: les chapitres consacrés à l'Irak sont selon moi au-dessus des parties fictionnelles. Il faut dire que l'auteur a été amené à séjourner dans ce pays de par son parcours professionnel dans les relations internationales. L'écriture y gagne dans ces pages historiques en profondeur et en rythme. En miroir il manque un peu de nuance et de pudeur aux personnages inventés. Le parc d'attraction est quant à lui une trouvaille qui fonctionne très bien: ce lieu artificiel propice aux rencontres et à la déambulation anime la narration, tandis qu'en regard l'église symbolise l'introspection.

Plus d'info sur les romans édités par le Bruit du Monde ici!

15 janvier 2026

# 497 Trois fois la colère, Laurine Roux

Noël, c'est la fête des enfants mais ma fille tient à me laisser un petit cadeau au pied du sapin. Entre une petite boite et des béquilles (ça vraiment, ce n'était pas sur ma liste), il y avait donc le papier cadeau reconnaissable de son fournisseur préféré, La librairie Les vraies Richesses. D'aucuns critiqueraient la récurrence de ce procédé mais moi je chéris l'idée qu'elle prenne le temps de discuter avec Philippe des options qu'il lui propose et j'aime qu'elle me raconte ce qui a influencé son choix. 

Mon ami libraire l'a cette fois convaincue en lui décrivant Trois fois la colère avec le terme d'"épopée"... ("Ca m'a fait pensé à la mythologie et au livre que je t'ai offert pour ton anniversaire").

J'ai découvert Laurine Roux et les éditions du Sonneur, j'ai apprécié ce roman malgré quelques défauts (dont la chute un peu rapide et littéralement tirée par les cheveux), peut être parce que je l'ai lu dans une période un peu hors du temps, immobilisée sur une plage à l'autre bout du monde. Ce récit convoque toutes les caractéristiques du conte: le merveilleux, les personnages flamboyants aux traits tranchés, le lieu intemporel (un château, une forêt inquiétante) et une morale de justice et de vengeance, de sorte qu'on l'imagine très bien raconté telle une légende commençant par "il était une fois, dans un pays lointain" et se refermant sur "et ils vécurent heureux".

J'ai très envie de lire son roman précédant Sur l'épaule des Géants où paraît il des chats donnent leur avis…

 

 

 

13 janvier 2026

# 496 Kolkhoze, Emmanuel Carrère

D'Emmanuel Carrère, j'ai lu quasiment tous ses livres comme en témoignent mes posts ici. Selon moi il manie avec brio l'égotisme qu'il transforme en véritable style litteraire,. Peu importe qu'il soit critiqué pour son narcissisme ou pour le brouillage entre la part de réalité et de fiction, je trouve psans ses écrits le juste équilibre entre l'intime et l'universel, entre l'autodérision et la dose d'ego qu'il faut bien avoir si l'on souhaite être publié.

Kolkhose ne déroge à aucune de ces qualités: en racontant sa relation à sa mère, l'historienne Hélène Carrère d'Encausse, il nous invite à nous interroger sur nos propres relatins familiales, et si le portrait n'est pas toujours flatteur, il rend cette femme de paraître bien plus attachante que n'importe quelle éloge. 

Mais ce que j'aime par dessus tout chez lui c'est son sens de l'introspection, ce regard à la fois indulgent et narquois sur ses propres contradictions, et peut-être que si ses romans me plaisent tant c'est surement qu'ils disent quelque chose de son temps au sujet de cette classe privilégiée à laquelle j'appartiens. 

Et puis il y a toujours ce retour à la Russie... 

Inutile de vous faire un résumé de Kolkhoze qui a défrayé l'actualité littéraire depuis sa sortie jusqu'au décernement du prix Goncourt, mais si vous n'avez jamais lu cet auteur, je vous conseille néanmoins d'aborder son oeuvre par L'adversaire puis de suivre l'ordre chronologique de ses publications.

12 janvier 2026

# 495 Rivages de la colère, Caroline Laurent

En décembre, mon collègue et ami Thomas m'a prêté Rivage de la colère de Caroline Laurent: sa maman a été captivée par ce roman, reçu via son abonnement à La Kube, une start-up qui met en relation les libraires indépendants avec les lecteurs, en fonction de leur préférence. J'avais eu un échange il y a plusieurs mois avec un des fondateurs et ce retour positif confirme la très bonne impression que j'avais alors eu. La sélection est toujours de qualité, y compris pour les "surprises" qui accompagnent l'envoi.

J'ai tout de suite été attirée par cette lecture qui me permettait de retourner sur l'île Maurice chère à J.M.G. Le Clézio et j'ai découvert la terrible histoire des îles Chagos. A travers le destin de la famille de Marie et de son histoire d'amour avec Gabriel, on découvre la réalité historique du déplacement arbitraire de la population de Diego Garcia, une île vidée de ses habitants pour y installer une base militaire américaine. La fiction donne corps à une expropriation qui ne touche pas uniquement aux biens matériels mais aussi à la disparition de toute une culture et un mode de vie. La révolte des Chagossiens aboutira à une condamnation par la Cour Internationale de Justice de la Haye en regard du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Malgré le vote de la résolution par l'ONU, ce territoire est aujourd'hui toujours sous le contrôle du Royaume-Uni et interdit d'accès aux natifs.

Caroline Laurent allie avec finesse le récit historique et la fresque romanesque, le rythme ne s'essouffle jamais : un coup de cœur partagé!

 

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9 décembre 2025

# 494 Le Nageur éternel, Gilles Bornais

Sur la route du retour des vacances, je me suis arrêtée dans une de mes librairies préférées, La Pêche à la ligne à Cagnes sur mer, et j'ai demandé un livre sur la natation pour ma sœur qui pratique le Swim Run et s'entraîne sérieusement afin d'améliorer sa technique de nage. J'avais en tête Born to run qui parle à tous les coureurs réguliers et je crois avoir trouvé son pendant aquatique Le Nageur éternel de Gilles Bornais.

Je le sais parce que je l'ai lu avant de lui offrir pour son anniversaire, et s'il ne m'a pas motivée à dépasser le stade du barbotage j'ai en revanche beaucoup aimé la dimension historique de cet essai. Les passages dédiés à la technique sont aussi très intéressants et documentés tout en restant accessibles à un novice. J'ai été un peu moins convaincue par les aspects psychologiques qui parleront probablement plus aux athlètes et aux compétiteurs...

J'écris ce post tardivement par rapport à ma lecture car je voulais laisser à Marie le temps de le lire, mais je tenais à le publier avant noël pour alimenter la liste d'idées de cadeaux, si vous avez des sportifs dans votre entourage!

9 décembre 2025

# 493 Pas pleurer, Lydie Salvayre

J'ai acheté Pas pleurer sur un site d'occasion l'an dernier (il était proposé par le même vendeur qu'un autre roman que je recherchais pour un Secret Santa). J'en avais entendu parler par le biais du prix Goncourt mais c'est la mention de "Bernanos" dans le résumé qui a compté dans cet achat car mon amoureux venait de lire un de ses livres et moi j'étais réticente à m'attaquer à cet auteur.

Et puis, d'autres livres, un déménagement... et je l'ai oublié. C'est en recherchant un format poche que je suis tombée à nouveau dessus. 

Lydie Salvayre raconte l'été 1936 de sa mère et y entremêle la voix de Bernanos: tous deux espagnols vivent à ce moment là le début de la guerre civile espagnole et la percée de Franco. Ces deux récits permettent d'avoir à la fois les dimensions intimes et historiques, comblant ainsi ma grande lacune culturelle sur cet évènement qui pourtant fut à l'origine d'un exode massif d'espagnols dans notre pays.

J'ai aussi beaucoup aimé le style narratif : le procédé du discours rapporté est renforcé par l'écriture phonétique et les fautes de langage, soulignant par ainsi la condition d'exilée de sa mère. Cela a touché une partie très sensible en moi tant cela m'a rappelé ma grand-mère, nous faisons d'ailleurs encore perdurer en famille les taquineries sur sa syntaxe créative et une part de moi envie cet autrice d'avoir réussi à capter cette chose si intime dans un roman.

28 novembre 2025

# 492 Les règles du Mikado, Erri de Luca

C'est un livre qui a fait le tour de ma famille grâce à l'enthousiasme de ma nièce Lisa et que j'avais oublié dans ma pile de lectures à venir. Comme je lis actuellement un pavé bien trop lourd à transporter, pendant ma transhumance quotidienne ce court récit était parfaitement adapté. Il commence comme un conte avec la rencontre entre un vieil horloger solitaire et une jeune tzigane en fuite. La métaphore du Mikado qui consiste à n'ôter qu'une baguette à la fois sans qu'aucune autre ne bouge est filée sur tous les plans, y compris narratif. Et au fond c'est ce qui m'a le plus intéressée, cette écriture presque oulipienne dont l'équilibre vacille parfois mais qui est globalement convaincante! 

6 novembre 2025

#491, L'usage du monde, Nicolas Bouvier

L'usure d'un monde de François-Henri Désérable est probablement la lecture que j'ai le plus conseillée cette année, sans jamais décevoir. Marie a eu la très bonne idée de m'offrir le livre qui l'a inspiré, L'usage du monde de Nicolas Bouvier.

Si vous aimez les récits de voyage - comme c'est mon cas - foncez! Très peu romancé, d'une écriture soutenue et précise, il faut être amoureux des descriptions et de la langue pour suivre l'auteur des Balkans à l'Afghanistan, un périple qu'il a entrepris en 1953 et édité à compte d'auteur dix ans plus tard. 

Je reste impressionnée par l'exercice: avec beaucoup de sobriété, et surement justement parce qu'il ne cherchait pas à donner de leçon, l'auteur nous offre ici un essai universel et humaniste. 

Pour en savoir plus sur Nicolas Bouvier, je vous conseille le podcast Le temps d'un bivouac qui lui est consacré. Passionnant!

2 octobre 2025

# 490 Pietra Viva, Leonor de Recondo

Pour l'anniversaire d'Emma, je voulais lui offrir un livre de poche et comme elle était dans une période où elle s'intéressait à l'art, Philippe m'a conseillée Pietra Viva de Leonor de Recondo. J'avais apprécié un autre roman de cette autrice, je n'ai pas hésité. Bien sûr je l'ai lu avant elle (d'aucun se demanderait si, du coup, c'est vraiment un cadeau?). 

Je ne trouve pas d'angle original pour vous parler de ce livre, alors je vais faire simple: je n'ai pas été convaincue par la dimension psychothérapeutique. L'obsession pour le jeune moine décédé qui lui servait de modèle et l'introspection sur sa mère m'ont peu intéressée. En revanche j'ai aimé cette immersion à Carrare qui marqua un tournant dans l'œuvre de Michel-Ange. On y découvre le contexte historique, le travail des carriers et le choix des marbres, ce temps long et l'incertitude qui précèdent les œuvres. Leonor de Recondo a réussit à susciter mon intérêt, si bien que j'ai écouté un podcast dédié à cet artiste et aussi visionné une video-conférence un peu artisanale (mais comme j'ai déjà assisté à des interventions de ce professeur d'histoire de l'art, le format ne m'a pas dérangé). 

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