Je crois que c'est grâce à Mauriac que j'ai eu envie de commencer ce blog. J'étais tombée sur La Robe Prétexte un peu par hasard dans la bibliothèque de Logrian et j'avais été époustouflée par la force du récit, l'écriture ciselée, un peu désuète et tellement poétique.

 genitrix

J'ai retrouvé tout cela dans le court roman Génitrix. Dans l’arrière-pays bordelais Fernand Cazenave, cinquante ans, vit toujours sous le joug de sa mère qui ne tolère aucune rivale. Le récit sans concession de la perversion de cette emprise maternelle surpuissante se révèle captivant : le drame se dessine ligne après ligne, implacable. Dans ce huis-clos parfaitement maîtrisé la psychologie des personnages, infiniment subtile, porte l'intensité dramatique à son apogée. C’est bien simple : Mauriac nous maintient jusqu’au bout au bord de l’asphyxie.

Cette narration terrible, qui m’a fait penser à une noyade, souligne avec d’autant plus de contraste la clarté et l’élégance de l’écriture mauriacienne. J’avais déjà parlé des auteurs qui nous accompagnent dans la vie, François Mauriac est de ceux-là pour moi. Lire Mauriac, c’est vivre un instant de bonheur et toucher du doigt la perfection, comme une évasion dans un jardin caché qui nous émerveille et nous étonne toujours par l’alliance de son évidence et de sa simplicité.