La première fois que j'ai entendu parler de Vincent Almendros, c'était à la Maison de la Poésie (encore!), lors d'une sieste acoustique où il lisait Faire mouche. La seconde fois, c'était au Salon du Livre sur le stand des Editions de Minuit, une maison que j'apprécie particulièrement. La troisième fois, en découvrant la sélection du Livre Inter 2018. 

Vincent Almendros

Comme je suis entrain de lire un essai volumineux en version papier, trop lourd à trimballer dans mon sac à main, je lis en parallèle des romans courts sur ma liseuse: ceux de Vincent Almendros sont parfaits (sauf qu'en vrai je les ai lus à chaque fois en une heure, sur mon canapé).

Deux romans-nouvelles de haut vol:  

Un été

Un été: Pierre rejoint son frère pour quelques jours de vacances sur son (petit) voilier. La promiscuité, le huis-clos, les non-dits: tous les ingrédients sont réunis pour installer un climat de tension, magistralement porté par une écriture d'une clarté offrant un contraste admirable. Le dénouement nous piège et nous oblige à relire la situation avec un autre regard. 

FaireMouche

Faire mouche: on retrouve le côté thriller et l'ambiance familiale pesante: à l'occasion du mariage de sa cousine, Laurent se rend dans sa famille en compagnie de Claire:

"Je lui désignai Claire de la main.

Je te présente Constance, dis-je."

Ces deux phrases sont un parfait exemple du style minimaliste que j'évoquais récemment... Dans ces deux récits j'ai été bluffée par la capacité de l'auteur à instiller en quelques mots une atmosphère oppressante et un sentiment de malaise. Adeptes des feel-good books, vous pouvez passer votre chemin, sinon foncez!

MachèreLise

J'ai ensuite lu son premier livre, Ma chère Lise. Il n'y a pas la dimension angoissante mais on y trouve déjà une chute délectable et ce style simple en apparence mais en réalité pleine de nuances, un clair-obscur que l'on retrouve dans le fond: la légèreté de l'histoire dévoile en réalité un propos profond, l'air de rien. Ce roman est une brise pleine de densité.

"Ayant toujours rêvé d'avoir un chien, Lise parvint, après de longues négociations avec ses parents, à obtenir un chat. C'était un persan gris clair au poil long dont le nez rentrait à l'intérieur de la figure. Il avait de grands yeux bleus. Elle l'appelait mon amour. C'était peut-être idiot d'être jaloux d'un chat.

Elle éprouva quelques difficultés à comprendre ce qu'il acceptait de manger. Elle le trouvait délicieusement snob. Elle le nomma Pacha, sans doute à cause de son désir d'avoir un chien."