J’ai toujours rêvé d’écrire des horoscopes et à une époque je lisais celui de 20minutes tous les matins à mon équipe projet. C’est un bête programme informatique qui mélange indéfiniment les mêmes phrases mais je soupçonne quand même un peu d’humain derrière tout ça car le pauvre Timothée Capricorne s’en prenait plein la tête tandis que mon Poisson Christophe avait toujours des journées positives.

20minutes sous la plume de Benjamin Chapon (avec un nom pareil il ne pouvait que s’intéresser aux signes zodiacaux non?) ne se prend vraiment pas au sérieux et a même ajouté le signe "cerf-panthère" que je trouve drôlissime - j’ai l’humour très « Cité de la peur », que voulez-vous!

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Malgré le doute introduit par les serpentairophiles (ne serais-je pas lion finalement?), j’ai quand même gardé mon habitude horoscopale.

Nous voilà donc à mercredi dernier (l’intro touche à sa fin, je vous rassure):

« Je ne sais pas quand est ton anniversaire mais comme tu es du signe de la Vierge je me suis dit que ça devait être bientôt » <= Seriously t’écris ça dans une fiction, on te dit que t'exagères, que c’est pas crédible, non?

Me voilà donc avec trois bouquins de la rentrée littéraire: Maylis de Kerangal "parce que j’ai vu sur ton blog que t’avais bien aimé Revoir les vivants" (?!? Non RÉPARER 😂) , La grande idée "parce que c’est le plus controversé, comme ça tu me diras ce que toi tu en penses" et le premier livre d’Olivia de Lamberterie "parce qu’elle est critique au Masque et la plume, même si bon ça ne se fait pas trop d'offrir un bouquin qui parle du suicide de son frère pour ton anniversaire"*.

Je décide de commencer Avec toutes mes sympathies dès le lendemain, j'en avais entendu parler et j'aime beaucoup les interventions d'Olivia de Lamberterie à la radio: elle est hyper naturelle et comme tous les participants du Masque et La Plume très sincère dans ses avis que je partage souvent. C'est elle qui m'a fait découvrir Une certaine vision du monde d'Alessandro Baricco lorsque j'avais assisté à l'émission

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Je l'ai lu en un temps record, impossible de le lâcher. C'est à la fois touchant et drôle, pudique et profond, personnel et universel: quiconque a dû faire face à une perte irréversible se retrouvera dans son cheminement. "Où es-tu?" : mettre des mots sur l'absence ("le chagrin est une traversée, il faut nager jusqu'à atteindre une rive inconnue, au milieu d'îles et d'écueils."), on ne dira jamais assez combien on avance en écrivant. Olivia de Lamberterie le fait avec poésie et subtilité, avec humour aussi - les passages sur le magnétiseur ou sur l'explication du titre sont hilarants- et l'air de rien nous amène aux vraies questions:

"Est-ce que mon frère m'aimait? Est-ce qu'il pensait souvent à moi? Ces questions sans fond sont un piège. D'autant qu'elles sont de la fausse monnaie, il faut penser à l'envers pour y voir juste: est-ce que moi je l'ai assez aimé?"

Au delà de la douleur de la disparition, elle dessine aussi en filigrane une réflexion sur le corps, ces maladies où l’on se blesse, où on se porte atteinte à soi-même, que ce soit par le suicide ou par une addiction: à ce moment là me revient toujours le formidable texte de Christophe Ono-Dit-Biot dans Plonger: « Ne néglige jamais ton corps. (...). Fais en ton meilleur allié».

Extrait 1:

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Extrait 2:

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Extrait 3:

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La rentrée commence très bien!

Si toutefois de votre côté vous n'étiez pas aussi enthousiastes que moi face à la reprise du chemin de l'école ou du travail, n'oubliez pas de prolonger l'été avec un brin de poésie, un soupçon de lecture, et pourquoi pas quelques lignes d'écriture... 

* Tu es tout excusé car en vrai, mon anniversaire, c'est le 4 septembre.